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LéOparleur "Le beau parlé de LéOparleur"

Ce groupe strasbourgeois aime voyager. Et ça s’entend. Sur l’album Revoir la mer, LéOparleur impose une musique enthousiasmante sur des textes finalement pas si légers. Rencontre avec des musiciens à la langue bien pendue.

propos recueillis par Olivier Chappe

LéOparleur :

« ... »


Photo © DR

D’où vient votre musique ? De vos voyages ?
Pas forcément. Ça vient de là où nous venons, de l’Orient de la France, comme des choses un peu métissées qui nous tombent dans les oreilles. C’est pour ça qu’on retrouve toutes ces sonorités tziganes, maghrébines ou turques.

Quand on écoute « revoir la mer », on vous imaginerait plutôt Bretons qu’Alsaciens ?
Parce que c’est toujours un grand événement pour les Alsaciens d’aller voir la mer ! Et puis parfois quand nous descendons de scène les gens nous disent « Alors vous venez de quel pays de l’Est ? » Ça nous fait plutôt plaisir qu'on nous prenne pour des personnes venues d’ailleurs !

Vous pensez que les gens ressentent votre musique comme métissée ou simplement française et festive ?
Il paraît que le festif est très à la mode. Nous sommes donc un peu à la mode, mais nous ne l’avons pas cherché. Nous faisons la même chose depuis le début. C’est vrai que nos concerts sont assez festifs, mais nous ne voulions plus jamais dire ce mot. Selon la façon dont les gens nous écoutent, chacun entend ce qu’il veut. Et puis si les personnes qui écoutent de la musique aux accents maghrébins ou tziganes trouvent que ça fait musique traditionnelle française, eh bien nous on trouve que c’est pas mal dans l’idée.


LéOparleur :

« ... »


Photo © DR

Ca sert à ça la musique, à voyager ?
Si la musique sert à quelque chose, ça peut être ça. Et puis au moins ça ne fait pas de mal. Il y a toujours des gens qui veulent nous faire croire que ce que nous faisons ne sert à rien, des gens qui veulent empêcher les artistes de faire de la musique dans des conditions financières décentes. Nous même, nous nous posons la question quand nous voyons chaque année la remise en cause du statut d’intermittent du spectacle.

Est-ce que pour vous ça veut dire quelque chose de faire une musique festive, alors que le contexte ne s’y prête pas forcément ?
Notre musique est peut-être légère et festive, mais les paroles sont plus graves. Nous abordons quand même des thèmes comme le nazisme ou le totalitarisme, par exemple dans le Grand Lustucru, un poème écrit par Jacques Deval pendant la dernière guerre, ou L’étranger ou Ma vie, des textes d’un poète soufi du XIIIème siècle. Quand on écoute le disque c’est différent de la scène. Sur scène nous avons envie de faire la fête, de déconner, nous bougeons dans tous les sens. Sur le disque, on sent quand même que ce n’est pas uniquement un truc léger fait de strass et de paillettes. Malgré tout, nous essayons de nous placer dans une action contagieuse : nous espérons donner envie de bouger, apporter un peu de liberté et de joie aux gens. Le côté festif c’est quelque chose qu’on ne peut pas s’empêcher de faire, ce n’est pas un engagement.

Pourquoi avoir voulu chanter sur les textes d’un poète soufi du XIIIème siècle ?
Le soufisme et les traditions moyen-orientales de pensée nous ont influencés. Des textes comme Ma Vie et L’étranger n’ont pas pris une ride, ils parlent de la mort et de l’instant, des choses qui nous touchent tous. Ce qui nous intéresse dans le soufisme c’est qu’il s’agit d’une branche de l’islam qui accède à la spiritualité par la musique et la poésie.


LéOparleur :

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Photo © DR

Est-ce que ça change la vie d'avoir signé chez une major ?
Oui forcément. C’est ce que nous nous disions encore ce matin. Quand nous allons jouer à l’autre bout de la France, par exemple : avant nous étions des inconnus. Maintenant nous rencontrons des gens qui ont écouté le disque, qui connaissent les paroles par cœur. Et ça, c’est une grosse différence ! Et surtout, nous ne travaillons plus seuls. Grâce à PIAS, nous disposons d’un véritable relais par rapport au disque, ce que nous ne pourrions pas faire seuls.

A quand l'album live ?
C’est une question qui plane. Autant nous avons cherché à faire un album de chansons qui soit complémentaire de la scène, autant pour la suite nous aimerions faire quelque chose qui retranscrive plus l’énergie des tournées. Recréer une ambiance de scène à partir d’un travail de studio c’est pas évident, c’est bricolé. Alors oui, pourquoi pas un disque live.

Vous vous voyez continuer encore longtemps ?
Nous sommes pour la retraite à 13 ans. Nous avons déjà largement dépassé la limite. Donc, dès que nous aurons le feu vert, nous la prenons. Dès que nous aurons les sous, nous arrêtons.

Recueilli par Eleonore Duplay & Olivier Chappe

Leoparleur : Revoir la mer (PIAS)


Propos recueillis par Olivier Chappe
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Aller plus loin (liens) :

Un site officiel qui revoit la mer !
Un site on the road (à venir)
 

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