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Les Rita Mitsouko à la Boule Noire |
Les Rita Mitsouko à la Boule Noire "Les Ritas retrouvés ?"
En 2004, on avait pu croire que les Rita Mitsouko s’étaient perdus, en conviant l’Orchestre Lamoureux à orner leurs succès de cordes et de cuivres. Les chansons gardaient leur bonne tenue mais perdaient un peu de la fougue dissipée qui caractérise leur musique. Aujourd’hui, ils reviennent à la source pour dégainer un septième album déchaîné.
Adieu places numérotées, théâtre guindé et grand orchestre… Ce soir, dans la petite salle de La Boule Noire, on souffle de soulagement en respirant la fumée de cigarettes et en retrouvant l’ambiance bastringue des premières heures. Le public est venu découvrir les chansons du nouvel album des Rita Mitsouko, Variéty (Because Music) et ne cache pas son excitation à l’idée de retomber entre les mains sorcières de Catherine Ringer et de Fred Chichin. Au premier rang, une tribu de vétérans se remémore les premiers concerts, tandis qu’un peu plus loin deux adolescentes racontent leur rencontre musicale avec le groupe. Un joyeux mélange de genres à l’image de la carrière atypique des Rita Mitsouko.
Catherine Ringer fait son entrée sans chichi, mais certainement pas sans Fred Chichin… Depuis plus de vingt-cinq ans, les deux inséparables partagent la scène avec la même complicité et simplicité. Sept albums studio, deux albums live, un album de remixes et un best of plus tard… Le public est lui aussi toujours là, signe d’une grande et fidèle histoire d’A.
Catherine annonce un concert « à l’ancienne », avec entracte, mais c’est clairement pour distinguer les nouvelles chansons des anciennes. Le premier set est consacré entièrement à Variéty tandis que le second pioche allègrement dans les précédents albums. Côté nouveau répertoire, on découvre que le prochain album lorgne franchement du côté des débuts du groupe. Les quelques tentatives électroniques de Cool frénésie (2000, Virgin) ou de La femme trombone (2002, Virgin) semblent bien loin.
Les Rita présentent une douzaine de chansons qui auraient pu sortir tout droit de leur premier album éponyme, sorti en 1984. Nostalgique mais pas passéiste, le groupe propose une dizaine de chansons très convaincantes, sublimées par la voix unique de Catherine Ringer. Pas forcément conquis par le premier extrait de l’album, Communiqueur d’amour, on se penchera plutôt dès sa sortie sur d’autres titres, comme Rendez-vous avec moi-même, Terminal beauty, L’amie ennemie ou encore l’ultra efficace Ding, ding, dong (Ringing at your door). Côté ancien répertoire, la surprise de cette seconde partie vient du fait que le groupe se refuse à jouer les grands succès qui ont fait leur renommée. Les Rita préfèrent s’aventurer dans des chemins moins attendus en interprétant les chansons « négligées » de leurs premiers albums. Pas de Petit train, Pas d’Andy, ni même de Marcia Baïla… Seul C’est comme ça fait figure de rappel et laisse un goût de trop peu en fin de concert.
Les nouvelles chansons se fondent aux plus anciennes et confirment une volonté du groupe de revenir à la source de leur musique pour mieux se renouveler. Dès le 23 avril prochain, c’est avec plaisir qu’on plongera une bonne fois pour toute dans ce Variéty, peut-être pour enfin croire qu’on a vraiment retrouvé les Rita Mitsouko…

Alexandre Barbera
En savoir plus :
Le site officiel des Ritas
Le site non officiel des Ritas
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