|
Musiqualite.net est actuellement en pause en
attendant la nouvelle
version
| Info - |
Les Vieilles Charrues 2006 |
Les Vieilles Charrues 2006 "Une année record"
Pour ses 15 ans, le festival du centre Bretagne a accueilli plus de 200.000 spectateurs du jeudi 20 au dimanche 23 juillet 2006. La durée allongée d'un jour en l'honneur de Johnny Hallyday, sa programmation plus musclée et toujours aussi éclectique, avec notamment la présence de l'humoriste Jamel Debouzze, et un soleil radieux ont contribué à ce succès. Seule ombre à ce brillant tableau : le décès d'une femme dans l'enceinte du festival.
Les Vieilles Charrues ont fait carton plein cette année. Plus de 200.000 entrées ont été comptabilisées au festival de Carhaix-Plouguer dans le centre du Finistère. De quoi réjouir les organisateurs qui étaient restés sur leur faim en 2005, avec seulement 140.000 festivaliers. La programmation n'avait pas séduit le chaland et le temps avait gâché la fête l'an passé. La pluie avait transformé le site de Kérampuilh en un immense champ de boue, le samedi. Cette année, le soleil a eu le dessus, et largement. Cette augmentation de fréquentation s'explique aussi par l'ajout d'une journée. En l'honneur de Johnny Hallyday. Mauss et Têtes Raides ont eu l'insigne honneur et la délicate mission de chauffer un public acquis à la star française qui ne s'est contenté que de faire son concert … sans plus. Quelques milliers de détenteurs d'un pass de quatre jours ont dû patienter jusqu'au lendemain pour retrouver l'esprit du festival.
Avec des accents reggae, les Douarnenistes du combo féminin FDB, révélation du tremplin des Jeunes Charrues 2005, avaient le privilège d'ouvrir le bal sur la scène Jack Kerouac. Dans un style plus rock, Rhésus (photo) convainquait le public de son potentiel. Le groupe grenoblois était aux anges. "C'est chouette ! C'est la première fois que l'on joue devant autant de personnes", s'exclamait Aurélien, le chanteur à l'issue de sa prestation. Les événements se sont accélérés ensuite, avec une sono étrangement poussée aux extrêmes. Les bouchons étaient quasi-nécessaires pour sauvegarder ses escourdes assaillies. Après les eighties Shout Out Louds, le virus rock contaminait l'ensemble des formations.
Même le frêle Raphaël et le lyrique Yann Tiersen (photo) surprenaient par un rendu puissant de leurs œuvres. Le premier nous a gratifié d'un titre des canadiens Arcade Fire (Neighborhood). Et le second en appelait à la révolte sur une de ses nouvelles chansons, intitulée la Rade. dEUS alternait le noisy et les ballades. Son chanteur Tom Barman a annoncé que le prochain album sera de la même veine que le flamboyant Pocket Revolution. "Pas question d'attendre six ans, seulement un an et demi", a-t-il révélé avant de monter sur scène. Dans un autre registre et en retrait des deux grandes scènes, le plateau de Xavier Grall vibrait au son du hip hop. Diam's , Hocus Pocus, 113 et K'Naan enflammaient leur public. La déception de la soirée est venue de la piètre prestation de Placebo , peu enclin aux initiatives, hormis une reprise de Kate Bush (Running up that hill). Seuls les fans ont pu y trouver leur compte.
Le samedi, un temps maussade surprenait les festivaliers à leur réveil. "Pourvu que nous évitions la catastrophe de l'an passé", s'écriaient quelques-uns. Ils furent entendus. Le soleil a repris sa place. Et le spectacle a continué de plus belle. Les québécois Cowboys Fringants ont fait bondir la foule, avant que Jamel Debouzze ne l'enflamme. Les organisateurs avaient fait un pari en invitant un comique. Pari gagné et de quelle manière. "Jamel Debouzzec", comme il se présentait, a ravi les Bretons de l'assistance et les a conquis en repartant avec le Gwen-Ha-Du (le drapeau breton, ndlr) autour du cou. Derrière, Orange Blossom a relancé la machine musicale, qu'ont poussé à son paroxysme le survolté Cali et les entêtants Editors , qui se posent en dignes héritiers de Joy Division. Contemporains de ces derniers, Madness qu'on attendait tant n'a pas séduit ; chantant sans énergie la flopée de tubes de leurs répertoires. L'âge sûrement ou le silence. Les métallo de The Lords of Altamont ont réveillé tout le monde. Il ne restait plus qu'à se coucher, l'ouïe en moins.
Le réveil du dimanche fut douloureux. Une femme de 43 ans a été trouvée morte sous sa tente ; le visage tuméfié. Comme cette découverte a été faite dans l'enceinte du camping, les gendarmes ont pris les identités de 10.000 festivaliers. Deux heures d'attente pour certains sous la chaleur, et des malaises à répétition. La tension s'est ensuite estompée alors que la thèse du suicide se faisait plus sérieuse. L'après-midi, l'esprit festif était de nouveau présent sur le site de Kerampuilh qui faisait champ comble pour cet ultime jour. C'était l'apothéose ! Le vétéran Julien Clerc faisait chanter le public avec ses classiques. Tracy Chapman jouait les grandes prêtresse. Et les Pixies, têtes d'affiche du festival, et leurs fils spirituels Dionysos illuminaient, dans un feu d'artifice final, les Vieilles Charrues. Wouaoh ! Quatre-vingt concerts ont rythmé ces quatre jours. Les autres groupes non mentionnés plus haut n'ont pas démérités. Bien au contraire. Tous les registres de la musique ont été visités. Du rap au rock, de la pop à la variété, en passant par le reggae et la techno. Il y en avait pour tous les goûts.
Les organisateurs ont réussi à placer la barre haute, cette année. Et ce malgré la concurrence dans le rayon indie du festival Benicassim en Espagne. En 2007, un challenge s'impose : faire mieux. Pas facile…
Photos: Pierre Iglesias (1 et 3), Jean-Michel Roignant (2), et Jacqueline Louisa Ledoux (4), droits exclusifs.
15e édition du festival des Vieilles Charrues, du jeudi 20 au dimanche 23 juillet 2006, à Carhaix-Plouguer (Finistère), le programme complet ici .

Stéphane Le Page
En savoir plus :
Le site du festival
|
|
|