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CD/Disque
Mac Tyer "Le général"
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  Impression mitigée pour ce double CD trop ambitieux, qui balance entre une solide sincerité émouvante et une "caillera attitude" naïve et lourdingue.
Mac tyer a plusieurs identités, outre "le général" vous le connaissez peut-être sous le nom de Monsieur Socrate, complice de Mac Kregor au sein du groupe Tandem. Ils avaient sorti un album remarqué, C'est toujours pour ceux qui savent en 2005, avec un morceau mythique, Le Procès long de 7 minutes où Kery james, Faf la Rage, Diam's et d'autres jouaient les rôles d'un tribunal. Un an plus tard, le "général" prend donc l'initiative de voler de ses propres ailes, toujours impregné par sa ville d'Aubervilliers. Il n'a pas choisi la voie la plus simple en partant sur un double CD et 25 pistes au total. Le choix du double disque a toujours été une vraie roulette russe, et bien souvent même pour des ricains confirmés la présence de morceaux très moyens faisait poser la question d'une telle offre. En France, de mémoire seul Rhoff s'y était risqué, avec réussite mais sans non plus echapper à ce risque du "trop". Mac Tyer non plus. Certaines pistes brillantes cohabitent avec des titres beaucoup plus bancals, ce qui rend l'écoute parfois étrange. Sur le premier disque, par exemple, le très bon morceau-titre est suivi d'un Racaille ambition artistiquement beaucoup plus faible. Mais on ne peut pas reprocher à Mac Tyer de ne pas avoir de flair en terme de public visé. Il a choisi à la fois des morceaux enlevés et à la production zen et des hymnes à la racaille aux instrus en béton destinées à tester les haut-parleurs de la voiture. Ce qui explique des sons comme Pacman, à l'instru métallique et lugubre et au refrain simpliste : "Paaaaacman, paaaaacman, y'a tellement de schmits qu'on dirait que le président est en ville". De manière générale, tout l'album baigne dans une sorte de fascination pour le bling bling, avec un livret caricatural où Mac Tyer et ses potes jonglent avec belles voitures et liasses de billets. En allant au-delà de tout cet apparat habituel, on peut trouver des trucs vraiment bien comme dans Général où il conclut par "L'Afrique jamais faut l'oublier, oubliez jamais que les darons sont des ouvriers". Où la jolie mélodie de Jeunes parents, signée Madizm. Les featurings sont eux aussi inégalement utilisés, Kery James est très moyen sur Suicide carcéral tandis que Booba se la donne à fond vulgaire et sombre sur Ne me parle pas de rue.
Matteu Maestracci
Xplosif/Because Music (décembre 2006)
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