La jeune Marta Topferova est l’une de ces interprètes qui, le temps d’un disque, arrête le temps. Elle nous prouve, encore une fois avec ce quatrième album, qu’elle est née Tchèque, mais que ce sont bien des rythmes latinos américains qui coulent dans ses veines. Sa grâce certaine leur insuffle une seconde jeunesse.
par Caroline d'Avout | le 19/03/2007 | genre: rythmes latinos américains
Et voilà que le bon vieux cliché en matière de musique vole en éclat. Vous savez bien, celui qui dit qu’on n’interprète jamais aussi bien la musique de son pays : évidemment on y est né et elle nous a bercé toute notre enfance… Avec ce quatrième opus, Marta Topferova continue de bousculer cette bonne vieille idée reçue et nous renvoie à un autre cliché bien rabâché, et pourtant si juste : la musique est universelle. L’important est de l’avoir dans la peau. La preuve en est, ce disque est un bel hommage aux plus grands interprètes latinos-américains : l’Argentin Atahualpa Yupanqui (dont elle reprend deux chansons) ou le Vénézuélien Simón Díaz dont elle utilise l’instrument de prédilection, le cuatro (une guitare à quatre cordes).
Tchèque de naissance, elle a émigré à New-York, et est tombée dans la musique latino toute jeune. Son exploration de cette culture musicale l’amène en Espagne (pour le flamenco) et puis un peu partout en Amérique du Sud. Elle y intègre son propre univers, et réinvente ces histoires venues des Andes ou ces rythmes cubains. L’accompagnement acoustique simple avec une guitare appuyée par un cajón ou un marimba, révèle sa voix, à la fois grave et tendre. Un chant qui nous berce avec l’élégance d’une Mercedes Sosa et la sensualité d’une Tania Libertad. Auteure-compositrice, ses textes nous parlent de nature, de montagne, de fleuve et de liberté. Une poésie sauvage qui nous emmène loin, quelque part entre Valparaíso et le lac Titicaca.