CD/Disque
Midlake "The Trials of Van Occupanther"
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   The Trials of Van Occupanther, ou comment les cinq Texans de Midlake affirment leur style dans un deuxième album chargé de réminiscences, et démontrent que l’on peut allier baroque et subtilité en musique pop.
S’il est souvent affilié à la pop néo-psychédélique de Mercury Rev ou des Flaming Lips (dont il a fait la première partie lors d’une tournée récente), Midlake a pourtant plus à voir avec les racines de ce courant, à savoir la pop américaine des 60’s-70’s elle-même. Moins maniérée que celle de ses contemporains – et donc plus académique, diront certains, ce qui lui épargne du moins d’effleurer le mauvais goût – la musique de Midlake a pour références avouées Crosby, Stills, Nash & Young, Moody Blues ou encore America.
Originaires de Denton, Texas, les cinq membres de Midlake (le chanteur Tim Smith, le guitariste Eric Nichelson, le claviériste Eric Pulido, le bassiste Paul Alexander et le percussionniste McKenzie Smith), anciens étudiants en jazz, ont conservé de leur ancienne discipline un goût prononcé pour les instrumentations riches. Toujours signé chez Bella Union (le label de Simon Raymonde – bassiste des Cocteau Twins), ce deuxième album, moins synthétique que son prédécesseur (le déjà très bon Bamnan and Slivercork, 2004), en exauce toutes les promesses de flûtes, de cordes et d’harmonies vocales dont les Beach Boys n’auraient pas à rougir.
Roscoe, le premier titre de l’album (et l’un de ses sommets, avec son parfum de Fleetwood Mac), nous introduit dans un univers parallèle, bucolique et suranné, une espèce de Brigadoon désenchanté, où l’on croisera un savant excentrique (le Van Occupanther qui donne son nom au disque, sorte de Bernard Palissy qui sortirait étourdi d’une soirée avec Mary Shelley et Lord Byron), des fêtes de village désincarnées, ou encore une Young Bride en décrépitude précoce qui ne sera pas sans évoquer l’héroïne du John Riley chanté par les Byrds, au happy end près.
Pas de passéisme rural idyllique, en effet, dans cette série de vignettes d’un autre âge moins réac qu’ironique, à l’image de la pochette du disque, très Pierre et le Loup revisité par Captain Beefheart (autre Van, non pas Occupanther mais Von Vliet) pour Deutsche Grammophon. S’il a le parfum de l’imagerie psychédélique, le disque de Midlake n’en partage pas l’idéalisme sous LSD, tendant plus vers le Pet Sounds de Brian Wilson que vers son surf.
Fanny Chiarello
Midlake, The Trials of Van Occupanther, V2, juin 2006.
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