CD/Disque
mina agossi "well you needn‘t"
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   A 34 ans, la franco-béninoise sort son cinquième album : une alliance jazzy de standards des années 30, de compos et de reprises surprenantes.
Elle a une voix hors du commun. Son style, entre jazz US, reprises et résurgences de sonorités africaines fait d’elle d’une artiste à part, dont la sensualité extravertie à quelque chose d’intimidant. Consciente de son originalité, elle dit se sentir souvent comme un vilain petit canard. Alors on a envie de la rassurer. De vilain, elle n’a rien, d’un canard, encore moins.
Dans la chanson, elle est tombée un peu par hasard. Elle étudie au Maroc, au Niger, en Côte d’Ivoire. Vit un temps en Espagne. Elle choisit le théâtre. Un soir, dans un café, un jazzman l’invite à monter sur scène, comme ça. Et sa carrière démarre.
Autodidacte donc, Mina. C’est peut-être pour ça que son jazz n’est pas tout à fait jazz. Parfois, elle chante en français, à capela, parle de la vie qui s’enfuit dans un style un peu vieille France (Clopin-clopant). Sur After you’ve gone, elle chante en anglais a capela toujours, dans un swing presque soul auquel il ne manque que le balancé d’une contre-basse.
Quand la contre-basse entre scène, justement, elle n’est pas jazz, mais énervée, entêtante. Et la voix sensuelle de Mina, toujours, nous rentre sous la peau. Sur Voodoo child, les percus se font africaines, sur May I sit at your table ?, elle préfère donner le tempo à un titre presque rock. Alors à se balader entre les genres, Mina nous perd, parfois. Griffe même, quand elle sort sa voix de tigresse. Mais on l’a déjà pardonnée.
Marie Charrel
"Well you need’nt" de Mina Agossi, CD CANDID/Harmonia mundi, sortie le 27 octobre 2005.
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