CD/Disque
Montgomery "Montgomery"
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  C’est l’histoire de cinq garçons talentueux et fêlés qui, naviguant aux confins de la pop-rock, tente habilement de la renouveller. Découverts aux Transmusicales 2005, tout juste propulsés sur la compil CQFD 2007 des Inrocks, les Montgomery foncent désormais en vent arrière. Accrochez-vous, ça défrise.
| par Lucie Offredo | le 18/12/2006 | genre: rock foutraque et bien plus encore |
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« Bienvenus dans le laboratoire Montgomery. Vous entrez dans une zone placée sous haute sécurité. Les projets élaborés chez nous sont top confidentiels. Ne cherchez pas à nous localisez, vous perdriez votre temps. (…) ». Voici ce qu’à la fin de L’homme qui dit , piste 4 de l’album, une voix de répondeur débite dans ce qui a tout l’air d’un manifeste. Car oui, à l’écoute de ce premier album du quintette rennais Montgomery, l’auditeur se demande souvent où il est. Musicalement, s’entend. Chanson française ? Pop planante ? Rock qui cogne ? A vrai dire, tiraillés entre des paroles absurdes chantées en français et une musique inclassable biberonnée aux pop-rock nord-américain, on se retrouve surtout, d’après mes calculs, au beau milieu de l’océan atlantique…avec un risque certain de noyade.
Tout au long de cet album déjanté, les cinq jeunes hommes prennent un malin plaisir à vous faire boire la tasse, vous balançant du « jamais entendu » à chaque coin de morceau. Soit vous vous laissez porter par la douce folie Montgomery et ça marche. Soit vous trouvez qu’ils en font un peu trop et ça fait plouf. Pour avoir une petite idée du biscuit, prenez comme base, un rock massif façon Nirvana et Smashing Pumpkins, dont les Montgomery auraient gardé les fulgurances et les rythmes implacables. Rajoutez quelques intruments indéchiffrables et claviers à l’ancienne, un sens indéniable de la mélodie, des arrangements soignés, une voix faussement éraillée, un peu de guitares électriques saturées (Ma chair), des textes résolument idiots (Ornicar ) et une profusion d’harmonies vocales. Non, vous voyez pas ?
Bon. Imaginez un croisement de Dionysos, Pavement, Nirvana, Sebadoh, Katerine, Saïan Supa Crew, des Beatles et des Beach Boys, vous vous rapprochez dudit OVNI sonore. Le pire c’est que tout cela est joué avec une maîtrise et un perfectionnisme tellement évidents qu’on n’a du mal a en épuiser l’écoute. L’opus, techniquement irréprochable - à l’image du très réussi Champagne - peut plaire, donc. Mais, comme l’a écrit justement une consoeur dans une de ses dernières chroniques, virtuosité et émotion ne se recoupent pas si souvent. A force d’aller dans tous les sens et de chercher le constrate coûte que coûte, l’album de Montgomery, trop démonstratif, donne le mal de tête. Parfois il frôle même la faute de goût. Balayés par l’énergie fatiguante de nos cinq orfèvres, les moments de grâce finissent par s’oublier. C’est dommage.
Lucie Offredo
Phantomatik, sortie en septembre 2006.
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