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Montreux Jazz Festival |
Montreux Jazz Festival "Compte rendu"
Imaginez un festival qui vous propose plus de 140 artistes d’hier et d’aujourd’hui, des légendes et des stars montantes… Et bien oui ! Cela existe bel et bien en Suisse. Une programmation unique, une organisation à vous couper le souffle. Bienvenue au Montreux Jazz Festival, pour 2 semaines de musique à s’en prendre plein la gueule !
Vendredi 1er juillet, premier jour de festival, premier concert, et première grosse surprise ! James Blunt, dont la vie est digne d’un roman d’aventure. Soldat durant la guerre au Kosovo, il échange son fusil contre une guitare et un billet d’avion pour Los Angeles où il part enregistrer son premier album, Back to Bedlam, dont est tiré son titre phare « You’re beautiful ». Non seulement ce jeune homme a un charme fou, mais il est également doté d’un humour savoureux et d’une voix alliant la grâce et la révolte. Après cet instant de bonheur, il est l’heure de voir les Corrs. 22h30, le concert débute, les minutes passes sans qu’une étincelle se déclare, dommage !
Ensuite, direction le Montreux Jazz Café, où, un groupe qui m’était jusque là, inconnu, me donne une véritable gifle. Ils s’appellent les Infadels, rock endiablé servi par des garçons survoltés. Si un jour, ces quatre piles électriques passent par chez vous (même si vous n’aimez pas le rock), allez les voir, vous serez surpris par la fougue et la vivacité de ces 4 Gallois.
Le lendemain les yeux cernés par une nuit agitée, je me suis rendu à l’auditorium Stravinski où j’ai passé l’une de mes meilleures soirées sur ce festival. Tout d’abord Booker T & The MG’s groupe mythique des 60’s, artisan du son Stax, ayant servi les plus grands noms de la maison (Otis Redding et Wilson Pickett entre autres). Quel plaisir d’écouter ce trio de rytm’n blues efficace. Plus tard ce fut au tour d’Isaac Hayes, et de sa voix de velours d’entonner ses tubes, « Soul Man », « Soul Sister Brown Sugar », et « Shaft » (B.O du film du même nom). Lorsque ce dernier eu fini son set, ce fut au tour du maître des lieux, Claude Nobs, d’arriver sur scène afin d’annoncer au public une surprise, et quelle surprise ! Une jam entre Isaac Hayes et Booker T & The MG’s, qui ont interprétés des titres qu’ils n’avaient pas joués ensemble depuis le début des années 80. Je vous avoue que j’ai dansé pratiquement toute la nuit dans une salle… à moitié vide, une partie du public ayant déserté avant l’annonce de cette Happy Hour. Ce n’est que vers 2h30 du matin que cette formation éphémère se dissout, mais quel bonheur !
Dimanche, suite à la défection des Velvet revolver, le festival a trouvé en Patti Smith une remplaçante de choix. Elle a su enchaîner ces titres, avec foi et un plaisir plus communicatif que par le passé. Elle a d’ailleurs rendu hommage à ces pairs en interprétant des tubes tels que « Because the night » de Sprinsteen, et « I got You » de Dylan. L’égérie du New York underground et pré-punk, aura une fois de plus marquer de son empreinte l’histoire du rock. Les Garbage, quand à eux, peuvent se targuer d’avoir su communiquer avec leur public en mettant le feu à L’auditorium Stravinski.
Le lendemain, fut placé sous le signe du rock, avec An you will know us by The Trail of Dead, Isis, et Audioslave, qui montrent que malgré le départ de Zack de la Rocha, la fougue des défunts Rage Against The Machine n’est pas entérrée, bien au contraire. Différents, certes, mais depuis l’arrivée de Chris Cornell, le groupe a mûrit et a su créer son empreinte musicale. Véritable révélation, j’ai été fasciné par les riffs de guitare d’un Tom Morello éblouissant, et par leurs derniers titres, Your time has come, Out of exil, et l’excellent Be Yourself. De plus ils n’ont pas rechignés à reprendre de vieux standard comme Sleep Now in The Fire.
Mercredi 6 juillet, les jours passent et ne se ressemblent pas, je vais de surprise en surprise. Tout d’abord : changement de décor et de lieu, au Miles Davis Hall, j’ai pu apprécier Big Pants, jeunes suisses de talent à l’avenir prometteur, le revival rock de Kasabian, le trash de The Bravery et le punk de The Others, explosif, efficace, 4 concerts, 4 pieds au cul, génial !
Le jeudi salue l’arrivée d’Elvis Costello & the imposters avec sa guitare et sa voix tourmentée, afin de clôturer cette première semaine de festival.
Après deux jours d’inactivité sur le site (vendredi et samedi), je fus de retour dès le dimanche pour entamer une deuxième semaine… pleine de rebondissement. Certes, la fatigue commençait à se lire sur mon visage, mais Montreux sait créer la surprise et raviver l’enthousiasme. J’avais cru avoir tout vu, mais c’était reparti pour un tour. J’avais cru avoir tout entendu … Et bien non ! Après le blues, la pop, le rock, la soul…ajoutons une nouvelle soirée proche de la quatrième dimension incarnée par Brian Wilson. Extraterrestre parmi les terriens, l’ex figure de proue des Beach Boys a offert à son public un concert surréaliste où l’absence et le vide de cet homme ont fait basculer le Stravinski dans une dimension parallèle. Il faut tout de même préciser que Wilson a mit 13 ans pour écrire son dernier album et que depuis tout ce temps, il est resté perché quelque pars là haut aux côtés du dieu Shiva.
Le lundi 11 juillet fut placé sous le signe du divertissement avec les Lovebugs, groupe suisse qui malgré leurs efforts ne m’ont guère convaincu au contraire de leur public, un tantinet chauvin. Car, ce « boys band » qui n’a rien inventé à la pop musique a au moins le mérite d’avoir enthousiasmé son auditoire. Ensuite, c’est au tour de Laura Pausini de faire son entrée en scène avec sa voix puissante et ses ballades bien huilées. Les amateurs ont été comblés, pour ma part j’ai été charmé. Au Miles Davis, changement d’atmosphère avec l’un des emblèmes de la scène indépendante américaine, Bonnie Prince accompagné de son compère Matt Sweeny.
Le lendemain, sous un soleil de plomb, la foule qui se presse aux portes du festival donne le ton de la soirée. Imaginez, tout autour de vous, des gothiques, des métalleux, des hardeux, punk, etc… ça vous fait penser à quoi ? Sûrement à Apocalyptica… ça tombe bien ! Ils étaient bel et bien là avec leur mélange de métal et de classique. Une vrai petite découverte, avec néanmoins un bémol qui ne regarde que moi : l’absence d’un chanteur. Pour ce qui était de la suite de la soirée, il ne fallait pas aller chercher plus loin dans ce décor. C’était Alice Cooper, vous savez cet époux et père modèle dans la vie, qui transforme ses spectacles en scène d’horreur, avec camisole, chaise électrique, et poupée sanglante. Magnifique ! A déconseillé aux enfants de moins de 12 ans issus de familles catholiques.
Les jours suivants, virent défiler Nile Rodgers cofondateur de Chic à qui l’on doit « Le Freak », le compositeur, producteur interprète, Marcus Miller, le Rn’B de Craig David, la rock attitude de Ghinzu, et les Suédois de The Hives et bien d’autres. Cependant il ne faut pas oublier que le Montreux Jazz, c’est aussi un Work Shop qui permet a tout un chacun de partager un moment éducatif avec un ou plusieurs artistes.
Je conclurait tout simplement cet article en vous encourageant de tout cœur à aller à Montreux l’année prochaine, puisque ce sera les 40 ans du festival, mais également l’anniversaire de son fondateur. Je peux d’ores et déjà vous dire que les organisateurs sont en train de vous concocter une programmation qui, je crois, restera dans les anales. Pour ma part Montreux est, et sera mon plus beau souvenir de festival cet été.
Photos : DR

Daniel Kall
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