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CD/Disque
Mos Def "True Magic"
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   L'homme-orchestre new-yorkais prouve une fois de plus qu'il est bien l'un des rappeurs les plus créatifs en activité.
Dante, alias Mos Def. Toujours dans les bons coups. Lorsqu'on l'écoute, difficile de ne pas penser au documentaire Dave Chappelle's block party, où le rappeur, réputé taciturne et fat, se planque face à la caméra derrière un demi-sourire timide, envoute le public d'un génial Umi says, ou se met à la batterie pour accompagner les vannes du grand Dave. Mais c'est pourtant bel et bien d'un homme-orchestre dont on parle, dans tous les sens du terme. Après son culte Black on both sides, et des featurings à n'en plus finir mais pertinents, le MC a préféré endosser des habits plus larges que ceux, étriqués, du simple rappeur-poète-intello pulullant sur le flanc est des USA. D'où la créativité inouïe de son deuxième opus, The new danger, où il tripotait de nombreux styles comme le blues, le rock où la reprise couleur dollars du Let the sunshine in. Se fendant au passage d'une destruction en règle de l'industrie hip-hop. Rebelote avec ce troisième album (quatre si on compte le Blackstar avec Kweli). Toujours cette volonté manifeste de sortir des sentiers battus, ou calibrés pour vendre à perte. Toujours cette petite touche qui porte le jeu plus haut, plus loin, dans un carrefour d'influences. Toujours la petite formule qui fera mouche. Mos Def reprend à loisir, comme sur Crime & Medecine où il cajole l'instrumental du Liquid Swords de GZA en sussurant ses paroles comme un garnement repenti. Sur le morceau-titre, il pose sur un alliage sec de violons qu'aurait aussi bien pu choisir Fat Joe. Le titre le plus réussi est sans doute Undeniable, où Mos Def utilise en boucle la guitare irrésistible des Temptations sur Message to a black man, en reprenant la phrase No matter how hard you try, you can't stop us now. Ne pas oublier A ha, où cette fois pas de sample de Take on me à l'horizon, mais un usage discret du rire insolent de Lauryn Hill époque Fugee-la.
Mais Mos Def choisit également des orchestrations plus zen, avec la flute de Sun, Moon, Stars ou les trompettes de There is a way. Pour finir sur une note plus calme, avec le presque trip-hop Lifetime, où Mos Def chante plus ou moins, comme sur son ancien morceau Umi says. Un bel album du rappeur, auquel il manque peut-être encore quelques prises de risques pour briser l'homogénéité de l'ensemble. Mais il joue toujours dans la cour des très grands. Il paraitrait même (rumeur) qu'il aurait volontairement raté cet album, pour faire un gros doigt à Geffen. Réussir un truc raté, encore une facétie du grand Mos. Mais on y croit pas.
Matteu Maestracci
Geffen (Janvier 2007)
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