Dans la lignée de Beck ou Wraygunn, Mouloud and The Sonic Destruction bidouille et mélange tous les sons qui lui passent sous la manettes. Après six ans d'expérimentations bordéliques, plusieurs albums et des concerts explosifs, les Bordelais affiche fièrement un nouvel opus électro rock prometteur.
par Cédric Bouquet | le 29/07/2007 | genre: rock electro
Mouloud and The Sonic Destruction...Voilà un nom peu évocateur pour une jeune pousse français qui impose une autopsie au bistouri. Mouloud, c'est Moule, bidouilleur passionné de téléscopages instrumentaux, fondateur de la formation (avec un pseudo pareil, on comprend qu’on est pas là pour se prendre la tête). The Sonic Destruction, c'est l'armada sonique, la ligne directrice, qu'il traîne avec lui, un clin à la formation mythique des sixties. Non pas qu'on trouve ici des tirades dignes des brûlots des Sonics, mais plutôt la même spontanéité et la même envie d'en balancer plein les tympans.
Née en 2001 dans les environs de Bordeaux sous forme d'un duo, la formation débute en s'éclatant sur des machines, surfant sur la vague hip-hop/électro, pondant quelques titres plutôt bien foutus. Aucune prétention, juste l’envie de s'éclater et de mixer tout ce qui passe par la tête. La formation passe rapidement de deux à trois, complétée par Dick à la batterie. L'expérience live, la maîtrise des machines et une oreille attentive sur la scène indé actuelle mènent la petite bande à ce quatrième album plus rock que ses prédécesseurs. Les riffs de guitares et les assauts ravageurs ont pris le dessus sur les samplers. La boite à rythmes sert de fondation pour des instrumentions à la croisée des sixties (In another world et son clavier à la Jimmy Smith) et de la britpop (You think to know, Drop out). Et c’est certainement là que réside le talent de ce jeune combo: mélanger habillement d’insupportables beats électro, des effets eighties avec des guitares vintages pour en faire des brûlots électro rock (In the underground) ou, plus surprenant, une petite balade d‘été (Someone else). White Line risque vite de s'ennuyer dans une platine de salon tant les titres réclament une énergie live. Une exhortation à danser et à s‘éclater, de quoi botter le cul aux Scissor Sisters .