CD/Disque
Nervous Cabaret "Nervous Cabaret"
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    Voilà bien longtemps qu’un groupe n’avait pas réalisé cela : casser toute référence à un style musical déjà bien marqué. Sorte de séisme au sein des « musiques actuelles », Nervous Cabaret, les neurones bien abîmés, font preuve d’originalité.
Vous souvenez-vous de votre première écoute de Korn « Life is Peachy » (même si aucune comparaison musicale ne peut être faite ici) ? Au départ, des sonorités et une voix à balancer le cd par la fenêtre. Mais après plusieurs écoutes, vous vous laissez séduire par l’originalité qui émane de ce groupe et considérez enfin qu’il est toujours bon de découvrir de nouvelles choses. Il en sera de même pour Nervous Cabaret.
Cette musique est pleine d’influences à la fois jazz, rock, punk, voir même manouche. Dans un concept orchestral, elle reflète certainement la diversité culturelle propre à sa ville d’origine, New York. Elyas Khan (surnommé « kid sic »), leader chanteur-guitariste du groupe, donne l’impression de sortir tout droit d’un groupe de punk, dynamité à l’alcool version Duane Peters des US Bomb. Les titres les plus représentatifs seraient certainement « Ratatat Heart » et « Kid [sic] ». Sur « Instant Lady », sa voix prend une teinte française, mais chantée en anglais ; celle de Bernie Bonvoisin, célèbre leader du groupe Trust. Le corps instrumental du groupe, composé d’une guitare et d’une basse électrique, d’une trompette, d’un baryton et de deux batteurs, l’un sur timbale et l’autre sur grosse caisse, tambour et cymbale, crée de véritables ambiances, voir même des décors, dignes d’un polar (« Furious
Bed »). La compile Tarantino Connection aurait pu se pourvoir d’un des ces titres.
Côté jazz, « Gravity » et son duo baryton/trompette flirt avec des standards à la Duke Ellington, Miles Davis (ou ce que vous voudrez) et s’acidifie au cours de la chanson pour se terminer dans un style rock énervé, au tempo croissant… “Gravity, gravity, la-la-la!…oh yeah !!”
Il existe aussi une forte capacité à créer dans l’expérimental tel que « Asa Nisi Masa » et particulièrement « God’s Greatest Lover ». Dans ce dernier, on retrouve la voix rocailleuse et fêlée du chanteur, jumelée à une guitare frénétique. La structure musicale, à l’image d’une fanfare débridée, chavire parfois dans un style plutôt noisy, pour finir en chant grégorien. C’est vous dire ce qui passe par la tête de ces musiciens !
Une chose à retenir : ce premier album en dit long quant à l’avenir de ce groupe. Aux Transmusicales de Rennes le 08/12/2005 et en tournée française à partir de février 2006, Nervous Cabaret risque de marquer le public français.
Nicolas Maquestiaux
Nervous Cabaret, "Nervous Cabaret", Naïve.
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