On vous dit jazz manouche ? Vous répondrez Django Reinhardt. On vous parle de musique festive venue des Balkans ? Vous penserez à Emir Kusturica…et si on vous demande No Mad ?
par Vincent Fertey | le 07/11/2005 | genre: jazz balkanique
Pour ce premier album « Où est Gaspard ? », le groupe No Mad (des grenoblois) réussit à offrir une heure de course-poursuite mélodique où se mêlent accents klezzmer et sonorités de l’Est. Un groupe-fanfare ? A coup sûr ! On trouve sur l’album une multitude de contines instrumentales, produit d’un assemblage de sons à l’alchimie raffinée. L’oreille se fait balader au gré des accélérations accordéonesques et des hurlements poussés par la clarinette déchaînée. Certains motifs se répètent pour baliser le récit. Autant de refrains que l’on fredonnerait. Les compositions sont énigmatiques, parfois secrètes. Surprenantes à chaque fois. L’euphorie cède souvent le pas à l’accalmie. On pourrait se croire dans un bar roumain avec une chope de bière à la main ou encore bravant le froid sur un plateau ukrainien. La musique rappelle alors les ambiances « noires » d’un Tom Waits. Un album nourri de contrastes exprimés avec finesse.
Mais au fait qui est Gaspard ? Un chat coursant une souris maligne dans les dédales d’une vaste maison ? Un voleur que l’on traquerait à l’orée d’un bois pour avoir volé deux poules? Ou bien un savant fou, les cheveux en bataille, se creusant les méninges ? Qu’importe ! La musique de No Mad est suffisamment imagée pour vous emmener en voyage. Pleine de vie, de joie et d’humour, cette musique aux humeurs vagabondes ravira ceux qui aiment danser bras dessus, bras dessous en tournoyant tels de jeunes enfants.