Avec des textes frôlant le surréalisme, piochant dans les registres poétiques ou de chanson à textes, Nonstop se déchaîne. Les beats technoides du début du disque rendent l’écoute un peu difficile même si l’on est interpellé par une écriture pas intéressante mais souvent morbide. On pense, toute proportions gardées à Léo Ferré ou Hubert Félix Tiéphaine. Pas franchement des Bboy, mais Nonstop n’en est certainement pas un non plus. Son phrasé scandé, qu’on ne pourrait pas appeler flow, est souvent gueulé, et sa vision d’écorché vif de la société se rapproche finalement plus d’un rock alternatif et punk.
Cette filiation permet à Nonstop d’aborder des thèmes décalés dans le hip hop et d’imposer sa vision de la société. Avec « Le vent ne tournera jamais », « Le cœur dans le dos » ou « Le Fils du soldat inconnu », il vise juste. Mais l’ensemble de l’album, assez mal produit, finit très vite par étouffer.