Décidément, les cocktails, ça se boit tout seul ! Rythmiques du monde entier et beats enflammés : le groupe anglais livre son très attendu deuxième album.
Oi va voi est un groupe anglais dont les membres sont d’origines ashkénazes. Leur musique est emprunte des harmonies juives d’Europe de l’Est, du Balkan beat et du pop/rock. Le groupe en est à son deuxième album, le premier, Laughter trough tears, ayant été nominé aux BBC Awards. Depuis ce premier disque, la chanteuse KT Tunstall et la violoniste Sophie Solomon ont quitté le groupe pour se consacrer à leur carrière solo. Elles ont été remplacées par la chanteuse Alice Mc Laughlin et la violoniste Haylie Ecker.
Cet album éponyme est relativement concentré puisqu’il ne se compose que de dix titres. Cependant, en une dizaine de morceaux, l’auditeur pourra parcourir des climats et des univers aussi divers que les origines musicales des membres du groupe. Il a été produit et mixé par Mike spencer qui est un collaborateur de Jamiroquai et Kylie Minogue et un producteur curieux ayant travaillé avec des musiciens soudanais et cambodgiens. Sur le titre Yuri et Balkanik, on retrouvera une ambiance moderne et festive à la Balkan Beat Box, sur Dissident et Spirit of Bulgaria le climat est proche d’une musique de film qui attire autant qu’elle inquiète, le titre Black sheep a un côté world musique qui représente assez bien l’aspect essentiel de la musique de ce groupe Britannique. Les autres titres tendent à exploiter la voix mystérieuse de la chanteuse et s’apparentent à de la pop de bon goût. Le morceau Dry your eyes tourne sur une mesure de sept temps comme une bonne partie de la musique indienne. Dans un paysage musical où plus de 99% de la production musicale est basée sur une mesure quaternaire, cette démarche mériterait un prix Nobel. Dans le titre Nosim, le groupe fait preuve de sa justesse en ne faisant durer qu’une minute une magnifique mélodie de guitare harmonisée par des cuivres. Ce faisant, le titre prend une dimension onirique où la quantité d’émotion empêche de saisir la brièveté de l’événement.
Cet album s’adresse à un public transculturel et trans-générationnel, il appartient à un genre musical émergent qui tente de s’affranchir des frontières. A suivre…