Certains voient dans la musique d’Omar Sosa un Vésuve en éruption, d’autres aiment se laisser transporter par les incantations mystiques et pieuses d’une musique aux racines afro.
On retrouve une alternance de ces deux émotions dans le live enregistré à Radio France au printemps dernier. Avec son lot de spasmes harmoniques et de furies mélodiques qui caractérisent les compositions du cubain Omar Sosa.
Des thèmes bien saccadés avec un groove en suspens, des crescendos qui font monter la pression et des mélodies plus posées qui s’apparentent bien souvent à un souffle qui annonce la tempête : le «cocktail Sosa» est connu. Sauf que cette fois-ci, le quartet a grossi les rangs. Avec une nouvelle recrue nommée Luis Depestre, un vieil acolyte saxophoniste. Il n’intervient pas sur tous les morceaux mais quand il vient poser ses salves sur les percussions d’Anga Diaz, le résultat est merveilleux. Ce couple (inattendu) divulgue une belle complicité qui apporte la goutte qui fait déborder le vase d’une musique trop souvent bien ficelée. Le son typé années 80 du bassiste Childo Tomas apporte un charme désuet au quintet.
Le Live d’Omar Sosa était attendu. Il permet d’apprécier qu’avec les oreilles les prestations musicales de ce vertueux pianiste. Car quand on assiste à ses concerts, l’exubérance et la transe de l’homme au piano sont si spectaculaires qu’elles auraient tendance à faire oublier la qualité du musicien.