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Ornette Coleman au festival Jazz à la Villette |
Ornette Coleman au festival Jazz à la Villette "Rythmique rebelle"
Ornette Coleman a ouvert le festival Jazz à la Villette organisé cette année autour de la thématique Black Rebels.
Pas facile de se faire un avis sur la musique du quartet d’Ornette Coleman :
- « Moi, j’ai adore l’altenance entre les séquences de hard bop et des approches beaucoup plus cool...Vraiment génial !»
- « Et bien moi j’aime les chansons qui vont vite mais parfois quand c’est lent, ce n’est pas toujours très agréable à ecouter... »
- « Mais c’est un peu n’importe quoi sa musique, non ? »
Le géant du free jazz, fer de lance de la contestation musicale dans les années 60 et 70 aux côtés d’autres jazzmen comme les contrebassistes Charles Mingus ou encore Charlie Haden a convoqué un large public pour l’ouverture du festival. Avec son fils Denardo Coleman derrière les cimbales, Tony Falanga à la contrebasse, Al McDowell à la basse électrique, Ornette Coleman a repris certains thèmes majeurs de sa création musicale mais a également présenté les nouvelles compositions d’un album a paraître prochainement, Sound Grammar. La musique d’Ornette Coleman est à l’image de son costume de scène : riche en couleurs vives avec des dégradés mettant en relief un jazz qui se veut conceptuel et métaphorique. Compositeur, saxophoniste, trompettiste, violoniste, ce septuagenaire est très certainement avant tout philosophe. Le quartet cherche à donner forme à des idées dans un langage qui est propre et non codifié. Avec des avalanches de notes ainsi que des ruptures sèches et brutales dans le tempo, l’harmologie, concept musical à la base des compositions de Coleman, éclate le jugement esthétique du beau pour présenter des mélodies qui ne « sonnent » pas. Jouer à côté de ce que l’oreille attendrait naturellement... L’enjeu : déchiffrer l’orthographe d’expressions agencées selon une grammaire sonore nouvelle. L’effet : il est stratosphérique et ne peut susciter que l’étonnement sans faire germer pour autant le rejet. C’est dans cet entre-deux que les quatre musiciens développent leur expression. Symbole de la résistance par l’invention d’un autre langage et le rejet des codes, le jazz d’Ornette Coleman est en cela rebel. On aura réussi à saisir l’intention de l’auteur. Probablement moins à comprendre et à apprécier les images du propos. Peut-être au prochain concert...

Vincent Fertey
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