Légers, mélancoliques, réalistes, les textes d’Oshen évoquent avec justesse les sentiments du quotidien. Pour cela, la chanteuse marseillaise manie les métaphores avec délicatesse. Son deuxième disque Je ne suis pas celle est la jolie preuve que les filles n’ont pas fini de nous surprendre.
par Alwa Deluze | le 04/05/2007 | genre: chanson à texte
Une douceur originale mêlée à un réalisme acide. Je ne suis pas celle parle tout simplement de la vie avec une pertinence et une sensibilité particulière. Oshen évoque tour à tour ces petits ressentiments, ces attitudes ou ces moments agaçants qui ponctuent le quotidien. Mais elle livre aussi des émotions plus profondes, une réflexion sur l’existence qui avance, le temps qui passe. « Tu vois, nous n’avons plus 15 ans… avec eux tu me prends ou bien tu te méprends », fredonne la chanteuse dès le début du disque (Dans la peau).
Des ballades mélancoliques, des airs plus vifs. Les partitions sont sobres et aériennes, laissent vivre les textes. De l’espoir, des regrets, et de l’ironie… toujours. Oshen chante avec son cœur, prononce les mots justes. Une vague d’émotions et un air de sérénité s’échappent de ce deuxième album.
Son thème de prédilection ne change pas, les garçons gardent bien sûr la vedette. Mais attention : Oshen refuse catégoriquement d’être assimilée à toutes ces filles qui se mettent à raconter leurs histoires… de filles. Elle refuse d’être considérée comme « la nouvelle révélation » de la « nouvelle scène française ». Car la chanteuse marseillaise est déjà bien installée dans le paysage musical français. Un premier disque Don Juan il y a deux ans, des concerts en pagaille et notamment des premières parties prestigieuses (Benabar, Brigitte Fontaine, ou les Rita Mitsouko).
Oshen casse les standards, évoque des préoccupations intimes comme la tentation suscitée par chirurgie esthétique ou la peur de vieillir . Avec sa voix fluette, elle constate, comme nous : « Le temps a laissé ses traces, c’est vrai, sur ton doux visage » (En visage). Oshen jongle avec les phrases pour décrire avec pudeur la simplicité, triste parfois, de la vie : « Tu te détournes de mes attentions, tu t’ennuies au bord du lit et tu fumes » (Arc en Ciel). Ses textes deviennent mélancoliques quand elle évoque une séparation amoureuse (« Je n’ai pas ce petit quelque chose ») ou la difficulté de vivre à deux (J’ai la flemme d’aimer) : « j’aimerais m’agripper à ta peau » , souffle la chanteuse.
Oshen sait aussi être impertinente et drôle, comme sa copine Anaïs avec qui elle a enregistré Baratineur, un titre au goût amer mais générateur de sourires. Les deux jeunes femmes racontent le sempiternel premier rendez-vous, avec son lot d’espoir et de déception… Elle s’aperçoivent qu’elles ont en fait rencontré le même homme : « Il trouve ta voix plutôt crécelle moche comme un tube de Raphaël. Une fille comme toi il a jamais vu ça, en fait il te supporte pas ». Un disque à savourer tranquillement au soleil.
Oshen est en concert le 15 mai à Pantin, le 18 à Sélestat, le 19 à Cournon et le 23 à Marseille et les 30 et 31 à l’Européen à Paris.
JENNY de la BAIE DES SINGESle 01/06/2007 à 11:38:31
Je travail dans une salle de spectacle,à Clermont FD, où Oceane est venue avec son groupe. Je ne conaissais pas et elle m'a seduite. Ses textes ses mimiques de scene qui vous donne l'envie de danser avec elle. Je ne vais pas trop en dire car un groupe comme ça il faut le voir sur scen(..) lire la suite
Nico2le 28/05/2007 à 18:04:09
Bien, très bien, j'adore ce doux mélange sulfureux ! Déconcertant parfois. Ca fait plaisir de temps en temps d'être destabilisé de la sorte. Je trouve Oshen unique, attirante et étrange. C'est agréable ce nuage savoureux qui nous enroule. Bravo Miss Oshen.
alcofrybasle 24/05/2007 à 00:06:26
Ecriture toujours aussi belle, textes toujours aussi sensibles et pertinants. Et j'ai le sentiment qu'Oshen nous en dit beaucoup, toujours plus, presque trop (si c'est possible). Petite déception sur la composition musicale. Moins originale que pour le premier album. Mais en réalité, (..) lire la suite