CD/Disque
Outkast "Idlewild"
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    A ceux qui le croyaient condamné à la dissolution, le duo d’Atlanta prouve qu’il a encore beaucoup de surprises à nous livrer. Son dernier album est un feu d’artifices, un nid de trouvailles, dont on sort souriant et sautillant.
Déjà trois années se sont écoulées depuis la sortie de Speakerboxxx/The Love Below, le double album d’Outkast ou, devrait-on dire, le coffret réunissant les albums d’Andre « 3000 » Benjamin et d’Antwan « Big Boi » Patton, puisqu’il s’agissait véritablement de la confrontation de deux univers à part entière : l’univers rétro, glamour (mais ironiquement, comme la teneur parfois scabreuse des paroles venait nous le rappeler) du très élégant Andre 3000 et le rap pur d’un Big Boi en survêtement de rigueur.
S’il n’est pas pressé de nous livrer ses productions, le duo d’Atlanta n’en est pas moins généreux, puisque son dernier opus propose pas moins de 25 titres. Et de quelle diversité… Certains diront d’ailleurs que l’ensemble manque de cohérence, mais il faudra leur rappeler qu’il s’agit ici d’une bande originale : Idlewild est l’histoire d’un pianiste timide (Andre 3000) et de son employeur (Big Boi), patron de boîte clandestine en pleine prohibition. Il faudra encore attendre quelques semaines pour découvrir sur les écrans français ce film de Bryan Barber qui fut à n’en pas douter une occasion rêvée, pour Andre 3000, de déployer le genre de garde-robe qu’il aime tant. On le découvre, sur les images du film, en véritable uniforme de Cab Calloway, l’ancêtre mainte fois cité du MC moderne ; l’album s’ouvre d’ailleurs sur un Mighty O faisant plus qu’évoquer le Hi-De-Hi-De-Hi-De-Ho de Minnie the Moocher, sans doute le tube le plus impérissable du scatteur.
Le reste de la bande originale voit Dre et Big Boi alterner le chant et les compositions – on peut s’amuser à deviner lequel des deux est l’auteur de tel ou tel titre. Si la rumeur prédisait la fin d’Outkast, il serait plus juste de voir une complémentarité qu’une opposition entre les deux artistes ; en tout cas, la formule, une fois de plus, s’avère magique.
Du jazz au blues, du swing au R&B, de la soul (on notera une participation de Macy Gray, également à l’affiche du film) au pur hip-hop, le disque nous promène dans un véritable panorama de la musique noire-américaine. Piano et trompettes se mêlent dans les beats implacables, Andre 3000 se montre aussi efficace dans un chant chaloupé que dans un flow débridé, les rythmes se télescopent, les voix s’envolent, et le tout emmène l’auditeur dans une aventure sonore d’une rare richesse. Sous l’esbroufe affectionnée par les deux rappeurs, se révèle le duo le plus inventif que la scène hip hop nous ait proposé depuis bien longtemps.
Fanny Chiarello
RCA/Sony BMG (21 août 2006)
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- Site officiel
- Myspace/Outkast (extraits audio) |
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