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CD/Disque
Peaches "Impeach my bush"
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    Troisième volée de bois vert pour la furieuse Canadienne. Avec Impeach my bush, Peaches se montre toujours plus saignante, crue et percutante. Tout comme le spectre sonore, plus épaissi que jamais.
Peaches s'est récemment rangée en faveur des phoques. Pas seulement les bébés. Tous les phoques. Ceux qui sont massacrés chaque année au Canada (pour cause officielle de surpopulation). Le tout dans une déclaration fracassante fustigeant la nullité des clubs canadiens, avec un soyeux jeu de mot sur le mot "club", entre les boîtes de nuit et les espèces de bâtons destinés à faire la peau des pauvres bêtes. Allié à l'éloquent titre de son dernier album, Impeach my bush, et cet autre calembour mêlant le président américain et le pubis féminin, Peaches semble se politiser progressivement. Ce qui sied parfaitement à son politiquement incorrect habituel. Car avec son génial troisième opus, la Canadienne est loin de relâcher la pression. Toujours aussi crus, ses textes à très fortes connotations sexuelles poursuivent leur attaque massive contre toutes sortes de machismes (et il y a encore du boulot). Merill Nisker, de son vrai nom, n'y va donc toujours pas avec le dos de la cuillère. Et comme d'habitude, c'est on ne peut plus réjouissant.
Côté musique, Peaches a haussé le ton. Après le très minimaliste The teaches of Peaches et le détonnant Fatherfucker, cet Impeach my bush s'avère bouillonnant. On y retrouve tous les ingrédients nécessaires, entre électro-punk, un esprit rock, et ces tendances hip-hop old school parfois légèrement plus prononcées. A peu près seule aux manettes, Peaches s'est encore entourée. Notamment de sa copine Feist, issue de la même scène de Toronto, Joan Jett, déjà présente sur le précédent disque, ou encore Josh Homme, frontman des Queens of the Stone Age. Des collaborateurs qui ont certainement contribué à ce son plus musclé qui irradie l'album. Car ce qui frappe d'emblée, c'est la force de percussion de l'ensemble. Moins synthétiques, plus organiques, les chansons puisent ici une toute nouvelle force. Et ce n'est sans doute pas une surprise si, du coup, Peaches tourne actuellement sous la forme d'un quatuor avec Samantha Maloney et Radio Sloan, ex-batteuse et guitariste de Courtney Love, et de JD Samson échappée pour un instant du formidable Le Tigre. Après avoir ouvert dernièrement pour Bauhaus et Nine Inch Nails aux Etats-Unis, la formation s'attaque désormais au Vieux Continent cet automne, avec quelques passages prévus en France en octobre (voir dates ci-dessous). Vu la réputation scénique sulfureuse et complètement déjantée de Peaches, et vu l'excellente facture de cette dernière livraison, il serait sans doute dommage de passer à côté. Avec un peu de chance, on finira même par se battre pour les phoques.
En concert:
1er octobre: Poitiers - Le Confort Moderne
2/10: Bordeaux - Le 4 Sans
3/10: Lyon - Ninkasi-kao
5/10: Paris - Elysee Montmartre
Julien Cottineau
Peaches, Impeach my bush, XL Recordings/Beggars Banquet, juillet 2006.
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Pour aller plus loin...
- Site officiel
- Beggars Banquet |
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