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Perry Blake au Café de la Danse |
Perry Blake au Café de la Danse "Appât feutré"
Salle comble au Café de la Danse pour Perry Blake. Le crooner-rêveur irlandais est venu présenter jeudi 13 avril son dernier album, le fragile The Crying Room. Un show intime et feutré.
Un cube lumineux et translucide. Sur lequel trône un verre de whisky. Une lampe droite à abat-jour, une chaise haute en plastique transparent. On se croirait dans son living-room. Car tout est à l'image que l'on peut se faire de Perry Blake. Un mélange raffiné et sobre d'antiquité et de design. Sur la scène du Café de la Danse, le lover irlandais a pris ses aises, et joue au maître de cérémonie humble et discret au milieu de son groupe, un quartet basse-batterie-guitare-clavier. Perry Blake, curieusement, ne joue de rien. Auteur-compositeur talentueux, on l'imagine aisément derrière ne serait-ce qu'un clavier. Mais l'homme préfère ne mettre qu'un micro et un pupitre entre lui et son public. Généreusement.
Une générosité qui transpire dans tous les intermèdes, entre anecdotes, petites blagues et présentation des morceaux à venir. L'artiste s'avère d'ailleurs assez loquace face à une salle charmée et toute à l'écoute. Il faut dire que dès l'entrée en matière, avec le splendide Forgiveness, l'un des meilleurs morceaux de The Crying Room son dernier album (voir chronique) , le Café de la Danse s'est retrouvé plongé dans une ambiance lumineuse, chaude et intimiste. Tout en douceur, Perry Blake déroule un set calme et velouté, porté par des love songs feutrés aux arrangements denses et amples. A balayer ses quelques cinq albums, avec une nette préférence, nouveauté oblige, pour le dernier en date, Perry Blake prouve à quel point son oeuvre est aussi riche que cohérente, de Song For Someone au sublime Still Lives ou encore à l'excellent The Hunchback of San Francisco. Une oeuvre parfois proche aussi de certaines de ses influences. Comme David Sylvian et Ryuichi Sakamoto, dont le groupe reprend Forbidden Coulours tiré du film Merry Christmas Mr. Lawrence, plus connu sous le nom de Furyo. Perry Blake a d'ailleurs la délicatesse de s'effacer pour cet instrumental, laissant la seule vedette à ses musiciens.
En un peu plus d'une heure, le Café de la Danse se trouve drapé dans un rêverie cotonneuse et flotte sereinement. Le set s'achève pourtant sur un bémol, avec la reprise en rappel du dernier single These Young Dudes, joué en début de concert. Si cette dernière version fut bien plus intense, certes, il demeure dommage pour un tel artiste de ne pas puiser dans son répertoire plutôt que de se répéter. Surtout quand il y a cinq albums au compteur. De retour probablement cet automne pour une tournée, on espère que Perry Blake saura mieux achever une aussi belle prestation.

Julien Cottineau
En savoir plus :
La chronique de The Crying Room
site officiel
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