CD/Disque
Pharoahe Monch "Desire"
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    Le MC incompris du Queens est de retour avec un album presque déjà culte.
Parmi d'autres ingratitudes ou défauts manifestes, l'industrie du disque américaine présente la caractéristique de fonctionner par cycles. Ainsi, pour douze albums de hip-hop par semaine au moment de Noël, vous en aurez péniblement trois par mois jusqu'en juin. Et ça repart généralement avant l'été. Pas de changement cette année, puisque la même semaine que le très attendu nouvel album des Beastie Boys, c'est Pharoahe Monch qui bénéficie des honneurs de la dite industrie. MC au nom imprononçable hors des USA (On dit "Fara montche", pour simplifier), né dans le quartier new-yorkais du Queens en 72, il n'a pas souvent eu la visite des "bonnes" fées du capitalisme, malgré un talent extraordinaire. Pour aller vite, il a cassé la baraque en 2000 avec Internal Affairs et le tube
Simon Says avant de chuter avec le label Rawkus, pour ensuite galérer un peu à retrouver une maison de disques digne de ce nom. Tout juste l'avait-on entendu sur le hit de Mos Def Oh no, avec un couplet fabuleux.
Le revoici quelques années plus tard, pour un résultat en tous points excellent. Le rappeur a choisi une veine plus "accessible", et des productions plutôt soul et rythmées. Treize titres de très belle facture, conclu par un morceau de 9 minutes, Trilogy, et le featuring du lover Dwele. Il est bien difficile de mettre en avant un track, dans ce regroupement de petites perles. Dont une reprise à la strophe près du Welcome to the terrordome de Public Enemy. So good est un charmant titre mellow pour les trajets amoureux en voiture de la saison estivale, avec une boucle à la Jay Dee créée par Monch lui-même. Hold on est tout aussi orienté "love", avec la gracieuse présence de sa majesté Erykah Badu. Plus rythmée, la mélodie de Body baby tend vers un mélange entre Outkast et Parliament. Pépite parmi les pépites, le vitaminé Let's Go et dès les premières phrases une manière irrésistible de prononcer "Busta Rhymes" à l'espagnole, en laissant traîner le "r". Rare grand nom invité, Alchemist produit l'élégant Desire. Les amateurs de sonorités plus sombres ne sont pas oubliés grâce à When the gun draws, lorsque Push convoque des cuivres qu'on croirait conçus pour Ghostface. Enfin, le titre Bar Trap est peut-être le plus étonnant, tout en ambiance club et amusements vocaux. Si on prend en compte plusieurs facteurs (Parcours personnel, état du marché, qualité des sons et des textes), ce disque mérite sans aucune hésitation la meilleure note possible. A coup sûr l'un des disques de l'année.
Matteu Maestracci
Street records/Universal (juin 2007)
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