| Reportage - |
PJ Harvey au Grand Rex |
PJ Harvey au Grand Rex ""
Concert à guichets fermés, formule solo, un répertoire mis à nu, PJ Harvey éblouit le Grand Rex, à Paris ce vendredi 16 novembre, avec un set déconcertant et une voix déchirante, comme jamais mise en lumière.
Grande robe noire façon princesse gothique, coiffure alambiquée, talons aiguilles, PJ Harvey parait bien frêle sur l’imposante scène du Grand Rex. Les premiers accords de To bring you my love, arrachés sur une Gretsch saturée avec une ferveur impressionnante, donnent le ton d’entrée de jeu, imposant la pertinence de cette tournée solo. Après 15 ans de carrière, c’est un bel exercice (et un beau cadeau pour les fans). L’occasion de mettre son répertoire à nu et de confirmer son talent. Son dernier album White chalk, composé au piano, a bluffé tout le monde, des fans de la première heure aux convertis tardifs, journalistes de l’opposition compris. Oui, à l'aube des ses quarante ans, Polly Jean n’a plus rien à prouver et peut se permettre d’aller où elle veut; comme elle le revendique ce soir sur scène en alternant piano, guitares électrique et boite à rythmes. Angelene, My beautiful Leah, Nina in ecstasy, Electric light, Shame, Snake, Big exit, Down by the water, Grow grow grow, PJ enchaîne les titres entre rage juvénile et moments d’intense émotion, revisitant son répertoire sans exception. Décor épuré, lumières chaudes, ambiance confinée, PJ est éblouissante avec son œil malin, ses petits rires complices et sa simplicité légendaire. L’intensité et l’intimité du set enveloppent l’imposante salle et transportent un public conquis. Cette formule solo met en lumière la voix de la rockeuse, toujours juste, bien placée, arrogante sur les guitares électriques (le fracassant Rid of me qui ouvre les rappels ou le monstrueux Man-sized au milieu du set), poignante sur le piano (l’émouvant White Chalk). Si PJ Harvey convainc sans ses musiciens, sa voix pourrait nous conquérir sans les instruments. Après une brillante version acoustique de The desperate kingdom of love et les réclamations insistantes de la salle, PJ revient pour un dernier Horses in my dreams. 1h3O de concert et la belle quitte la salle d‘un salut amical… Evidemment, on aurait aimé plus mais PJ Harvey et le désir sont devenus inséparables. Après la claque de l’album, l’émotion d’un grand concert.
Photos: Robert Gil

Cédric Bouquet
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