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| Reportage - |
Placebo à Bercy |
Placebo à Bercy "Fantômes endormis"
Guitares sans mordant, tempo et lyrisme éteints, le groupe de Brian Molko a raté son rencard avec le public parisien lors de son second passage à Bercy le mardi 3 octobre.
Ok, le leader Brian Molko s'est retrouvé deux jours sous perfusion à l'hôpital, la semaine d'avant. Pour une "angine sévère", relate le site officiel... Ok, c'est une longue tournée. Mais quand même, comment peut-on autant sombrer sur scène quand on s'appelle Placebo? Joué sans émotion ni passion, ni la moindre communication, dans une mollesse incompréhensible pour une formation qui justement donne impérativement dans la tension et l'énergie, le second concert de Bercy, mardi dernier, a été un naufrage sans nom. Médusé mais sans doute plus atterré qu'enjoué, le public n'a même pas puiser l'énergie nécessaire pour applaudir avec ferveur ni pour se déhancher avec plaisir. Un public abandonné à cette bardée d'écrans aux images esthétiques mais déliées. Sauf que sur MTV et MCM, même les vidéos de Placebo sont plus rentre-dedans grâce à une bande-son qui, elle, sait envoyer du bois. Là, c'était juste triste. Sans doute même pour eux. Seuls quelques morceaux mid-tempo comme le toujours fabuleux Without you I'm nothing ou Follow the cops back home ont été à la hauteur. Mais parmi les singles pourtant imparables du groupe, quel enfer! Song to say goodbye est resté collé au sol, Taste in men a perdu son âme percutante, et Every you every me a été complètement massacré. Seul The bitter end s'en est bien tiré, ranimant un peu la flamme.
Malgré un dernier disque, Meds pourtant franchement bon, ce coup de pompe suscite quelques inquiétudes. A force de marcher sur ses propres plate-bandes, et de nourrir un répertoire où ne fleurissent que les même graines depuis plus d'une décennie, Placebo apparaît désormais limité, engoncé dans son style. Un style simple, efficace et limpide, certes, mais qui s'essouffle continuellement à ne jamais dépasser ses propres frontières. Avec une prestation comme celle-là, honnêtement, plus personne ne s'y retrouve. Et c'est bien dommage, car le groupe a pourtant du talent et un son bien à lui.
Crédit photo: Nadav Kander.

Julien Cottineau
En savoir plus :
Site officiel
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