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    On n'y croyait plus. Mais le combo de Molko est parvenu à redécoller. Après une descente en chute libre côté qualité, à l'inverse de la montée en flèche côté célébrité, Placebo signe avec ce cinquième opus un disque fabuleux et se renouvelle tout en demeurant Placebo.
Il était temps! Non pour le groupe de simplement sortir un nouvel album. Mais de se relancer enfin et de ranimer la flamme avec un bon disque. Et même un très bon.
Certes, côté paillette et succès, les Londoniens n'avaient plus rien à prouver. Après une ascencion impeccable depuis 1996, lancée par le soutien de David Bowie himself au début, et boostée par un talent et une efficacité indéniables, Placebo surfait sur cette vague du succès qui laisse souvent certains en panne. Voire qui signe leur déchéance créatrice. Placebo était parti pour.
Depuis l'excellent second disque Without You I'm Nothing, publié en 1998, le trio mené par l'androgyne Brian Molko poursuivait sur sa lancée sans vraiment se renouveller. Abusant d'abord de la même formule sur Black Market Music (2000). Avant de se perdre sur le froid et quasi insipide Sleeping With Ghosts, trois ans plus tard. Un album où le foisonnement des arrangements et les tendances plus électro tentaient de masquer le manque d'inspiration. Malgré toujours une poignée de singles imparables.
Une compilation plus tard, on pensait l'affaire pliée. Ca sentait le sapin et les come-backs en demi-teinte à venir. La relève rock avait parfois balisé (ou plus souvent rebalisé) de nouvelles voies plus excitantes.
Mais Placebo est retourné en studio. Avec en tête plein d'idées électroniques, disent-ils. Et avec un nouveau producteur, comme toujours. Sauf que le Français Dimitri Tikovoï (qui avaient arrangé des cordes sur leur troisième album) ne les a pas laissés faire. Lequel leur a demandé de revoir leur copie. En leur imposant un bon retour aux sources power trio. Et de s'en tenir ainsi à ce qu'ils ont toujours fait de mieux.
Une fois la pilule avalée, les Placebo semblent ainsi s'être fait une petite cure, palpable dès l'ouverture. Le côté électro n'a cela dit pas été totalement écarté. Mais, peut-être avec l'aide du génial Flood, a été simplement cantonné aux effets et aux arrangements. Laissant le noyau dur aux guitares et à l'énergie rock de Placebo. Et à l'inspiration retrouvée du trio. Car si Placebo sonne toujours Placebo, il y un réel renouveau. Le groupe a renoué avec sa fibre originelle tout en franchissant un cap. Les morceaux sont plus épais, le contenu plus fouillé, le songwriting bien plus affiné. Et ce Meds coule d'un trait, rebondissant de coups d'éclats ("Song To Say Goodbye", "Post Blue", le grandiose "One of A Kind") et d'incandescents titres comme "Space Monkey", "Meds" en duo avec Alison Mosshart (alias VV de The Kills), ou encore "Broken Promise" avec Michael Stipe (REM).
Ce cinquième album s'affirme ainsi comme une excellente surprise et un énorme soulagement. Après dix ans de carrière, Placebo a su se remettre sur des rails plus que prometteuses. Pourvu qu'ils ne retombent pas malades.
Julien Cottineau
Placebo, "Meds", Elevator Music / Virgin / EMI, sortie le 13 mars 2006.
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