CD/Disque
Poni Hoax "Poni Hoax"
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   Poni Hoax sort son premier album. Au-delà d’un maniérisme darkwave un peu opportuniste, les brillants clins d’œil à la new wave et les hommages à la coldwave subtile de Joy Division donnent à l’ensemble, outre son caractère très « wave », une allure très belle. Et en plus, ça se danse.
Peu de groupes réussissent à le faire : distiller au gré des chansons une inquiétante étrangeté et pousser n’importe quel auditeur en bonne santé à danser en se disant que, non, cette musique n’est pas si glauque que ça. Les cinq dandys parisiens de Poni Hoax ont réussi ce curieux amalgame. Et servent une musique arty, affûtée, ciselée, drôle et triste. Bravo !
Cela étant, avant toute dithyrambe, débarrassons nous du titre le plus connu, seule erreur du disque : Budapest. Déjà sorti en single il y a un an, il a fait depuis le tour des boîtes européennes chic, hype et trash. Pas difficile à comprendre : Budapest correspond aux codes en vigueur dans lesdits lieux : voix susurrée par une nubile un peu SM plaquée sur une ritournelle électro d’un noir abyssal. Le tout emmené par un beat rachitique. Bref, on hérite du parfait exemple de revival darkwave – ach, Berlin !- super à la mode mais super chiant.
Heureusement, Poni Hoax retrouve son chanteur pour les autres titres et sait varier les plaisirs. Avec She’s on the radio, et même Involutive star, on touche au burlesque. Si ces deux titres puisent aux mêmes sources que le premier cité, ils ont tout du morceau qui sait jouer de ses influences sans sombrer dans la pâle copie. Du synthé eighties omniprésent, de la guitare en second plan, de la batterie façon métronome : on l’a compris, c’est de la new wave. Certes, mais c’est celle des Talking Heads ou des premiers Pulp. Une sorte d’électropop un peu désuète, dure, sombre, faussement désabusée, finalement marrante et très second degré.
A côté de ces deux titres, She sells anger fait figure de monstre de sérieux. Allant aux confins du post-punk, Poni Hoax semble ici se prosterner devant Joy Division. Tant dans la musique, vibrant hommage pour le rock torturé de la bande du regretté Ian Curtis, que dans les paroles, qui font écho à l’illustre complainte She’s lost control.
Sur le disque, ce sont d’ailleurs les seules paroles dénuées de la désinvolture « poétique » chère à l’auteur. En témoignent, dans les autres chansons de Poni Hoax, ces rêves de pom pom girl, l’histoire de cette fille qui vit dans une chanson de Noël, ou bien encore celle dont l’animal préféré est le tigre… Et là, une question vient à l’esprit : pourquoi pas le poney ?
Ecouter ici.
Laurent Deschamps
Poni Hoax, Poni Hoax, Tigersushi Records, sortie en juin 2006.
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