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Ray Cokes |
Ray Cokes ""J'ai pris la bière sur la tête""
Le surexcité animateur britannique est reparti sur les routes des festivals avec sa caravane France 4 pour ses émissions délirantes et agitées en direct. En 25 ans à graviter autour des artistes, Ray Cokes a une jolie collection de souvenirs. Et toujours le sens de l'humour.
Quel est l’artiste que tu rêverais d’interviewer ?
On ne m’a jamais posé cette question ! Je ne sais pas… J’ai interviewé tout le monde ! (rires)… Je ne vois pas, vraiment.
Tu as un rituel avant de démarrer tes émissions ?
Non. Le seul rituel c’est de faire de la recherche. Avant les émissions, je passe deux jours chez moi à tout écouter, à tout lire, à rechercher sur internet, à lire toutes les paroles, examiner la production, tout. Et juste avant, j’oublie tout. Pour faire des acrobaties avec une moto, il faut d’abord apprendre à bien conduire la moto et ensuite tu peux y aller. Et puis juste avant l’émission, on mange, il y a le maquillage. 80 personnes s’agitent avec beaucoup de stress. Et quelque chose de bizarre se passe chez moi parce que je fais ça depuis 25 ans, je vais tout doucement ! J’ai un énorme coup de pompe, mon corps s’éteint, parce qu’il sait qu’il va subir une énorme montée d’adrénaline. Après je ne dors pas avant 5h du matin. En studio tu as le temps d’avoir une demi-heure juste pour toi, mais ici tu ne peux pas te cacher !
Quel est ton meilleur souvenir d’interview
Professionnellement, c’est Björk. Je la connais tellement bien qu’elle m’a livré des choses que personne d’autre n’a eues. Mais personnellement ce serait Radiohead, parce que j’étais nul ! Complètement nul, juste un fan angoissé qui se dit « merde c’est Radiohead ! » alors que je devrais juste être pote avec les gens que j’interviewe. Je tremblais de partout. Thom (Yorke, ndlr), a vu ça et il est devenu très gentil.
Et ton pire souvenir ?
La pire interview ce n’était pas avec un musicien, c’était avec Mel Gibson. Lui c’était juste un con ! Mais pour la musique je dirais que c’était lors de ma toute deuxième interview, avec New Order juste après la fin de Joy Division. J’avais 27 ans, et Peter Hook (le bassiste, ndlr) ne m’a pas aimé et m’a renversé sa bière sur la tête ! Parce que j’avais peur, je n’ai rien dit. Aujourd’hui ce ne serait plus pareil. L’an dernier d’ailleurs, Bernard Sumner (chant-guitare) s’est souvenu de cet incident, vingt-cinq ans après, parce que maintenant ils sont sous prozac et qu’ils ont le temps de se souvenir, et m’a dit « sorry » !
Photo: Caroline d'Avout.

Julien Cottineau
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