CD/Disque
Redman "Red gone wild : thee album"
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 Retour aux affaires pour l'enfumé du New Jersey, qui aurait mieux fait de rester chez lui.
Impardonnable. S'appeller Redman, être autant pétri de talent, et sortir un bouse pareille ça devrait presque tomber sous le coup de la loi. Un raté d'autant plus déconcertant que Reggie Noble (son vrai nom) a eu le temps de le préparer, depuis son dernier album Malpractice, sorti en 2001. Soit six années après lesquelles on était en droit d'attendre un album plus consistant, plus novateur, ou tout simplement rafraîchissant. Il semble bien loin le temps des cerises où sifflait bien mieux le Redman moqueur. Après nous avoir époustouflés avec Muddy Waters, fait danser avec Doc's da name et amusés avec Malpractice, Redman se plante ici tellement fort que c'en est même étonnant. Comme si la marijuana dont il se fait tant l'apôtre avait fini par avoir raison de ses principales qualités. On exagère, mais il est bien difficile de dénicher dans cette profusion de pistes (23 au total) des trucs à ronger. Les sept-huit premiers morceaux sont sans inspiration, peu différenciables, ternes, sur des productions datées et paresseuses. Les interludes sont moins drôles que d'habitude, et même lorsqu'on jette une oreille vers les featurings, la déception persiste. Blow trees avec Method Man ne sert à rien, à la rigueur Merry Jane avec Snoop et Nate Dogg n'est pas trop mal, malgré une saveur de réchauffé. Les seuls morceaux sympas sont Walk in gutta et Rite now, tous deux l'oeuvre d'Erick Sermon, qui décidément ne perd jamais la main.
Matteu Maestracci
Def Jam (mars 2007)
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