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Rencontre avec Gabriel Rios |
Rencontre avec Gabriel Rios "Latin Rocker"
Artiste à part dans l’univers musical latino, Gabriel Rios, Portoricain au cœur belge, partagé entre ses racines latines et sa terre d’accueil, a finalement décidé de ne pas choisir et s’invente un style bien à lui. Mélange de pop latina et de rock européen. L’homme se dit en lutte entre son côté obscur et son envie d’aller de l’avant. L’artiste, lui, jongle entre les influences qu’il reçoit des deux côtés de l’Atlantique. A l’arrivée, un son neuf qui donne envie de danser et promet de belles choses.
Son premier album, Ghostboy (2005) était comme une « urgence ». Ecrit et composé de manière spontanée et naturelle, il y passe de l’anglais à l’espagnol comme il le fait dans la vie. Né à Porto-Rico mais vivant en Belgique depuis plus de dix ans, il est sans cesse en train de jongler entre ses deux pays. Sa première expérience musicale il la vit avec les Nothing Bastard, un groupe punk-rock très expérimental. Une expérience constructive qui lui fait connaître le monde de la musique et son business avec à la clef des collaborations plus ou moins réussies. Mais au bout de quelques années, l’envie se fait sentir de fouiller un peu plus dans ses origines. « Je me suis rendu compte que je n’avais pas écrit une seule chanson que j’aimais vraiment. Je me sentais vieillir et j’en avais marre de crier. Je voyais le temps passer, ça m’a fait peur. Je suis alors retourner vers un son plus simple et surtout plus latino. J’avais besoin de revenir à mes racines.» Il passe alors un an à travailler tout seul dans sa chambre, compose et enregistre des morceaux avec un full track, raconte t-il. Sa rencontre avec Jo Bogaert (auteur du tube Pump The Jam) chamboule tout. Il jette toutes ses compositions et reprend tout à zéro. « Il m’a apporté sa culture dance et moi ma culture latino. On est très complémentaires et puis il comprend ma façon de travailler, très chaotique…».
Sur cet album on retrouve un son digital mêlé à des cuivres de Willie Colon ou avec quelques notes de Reggaeton. Il se souvient : « Je connais Willie Colon depuis tout petit. Il faisait parti de mon environnement musical, il m’est familier. Quand j’ai entendu comment sonnaient ses trombones et ses cuivres j’ai pas hésité un moment, il me les fallait sur l’album. Il a vraiment un style unique, très rough. Et il aime le Reggaeton pour les mêmes raisons : « C’est un son qui vient de la rue accessible et direct» . Le titre de l’album, Ghostboy, fait référence à son auteur, tel un fantôme il s’est crée un alter ego pour le côté obscur de sa personnalité. « C’est un peu une caricature de moi-même. Il est celui de mes moments difficiles quand je me sentais en dehors de la réalité, comme en retrait. Faire de la musique me permet de prendre de la distance, de partager avec les autres, ça m’aide à me sentir moins seul. Je convertis mes idées noires en quelque chose de positif qui fait danser les gens .» Effectivement ses concerts, comme celui donné au Café de la Danse à Paris lundi dernier, prouve qu’il aime partager. Jeune et prometteur, tiraillé entre toutes ses influences, il choisit de ne pas s’enfermer dans un style. Chaque composition diffère de la précédente, du folk, du rock avec des accents de hip-hop. Une musique moderne baignée de soleil.
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Caroline d'Avout
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