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Rock dans tous ses états |
Rock dans tous ses états "Evreux Day 2"
Retour sur le deuxième et dernier jour de cette 24e édition du Rock dans tous ses états à Evreux, avec un samedi marqué par Mademoiselle K, AaRON, Menomena, Gomm et Kaiser Chiefs.
C'est l'été! Ou presque. De la chaleur, de grands brins de soleil et une merveilleuse absence de boue. La pluie aura épargné le festival du début à la fin. Sur terrain sec, les festivaliers se la coulent douce et n'hésitent pas à faire leur sieste à l'ombre de la musique de Midlake , avec un set propice à la rêverie, ou Peter Von Poehl et ses chansons sur lesquelles quelques pas de danse sont les bienvenus. Deux jeunes et jolies demoiselles se baladent avec un panneau « free hugs » à la main et plus loin c’est un « free fuck » que l’on aperçoit ! A l'heure du café, Mademoiselle K nous avait donné juste avant un petit coup de peps. Mademoiselle K c'est un mélange d'amour (Regarde comme tu me manques, je fantasme nuit et jour à force de ne plus faire l'amour), de haine (Tu ne mérites même pas cette chanson, tu ne mérites rien qui soit vivant), de conseils (On ne devrait jamais hésiter trop longtemps, le cul entre deux chaises n'a jamais mis personne à l'aise), mais c'est surtout du bon rock français comme on l'aime. En fin de set, on répond à sa rituelle question: « Oui ça nous a plu et oui on reviendra! »
A l'apéro, ce sont les Belges de Sharko et leur charismatique chanteur David Bartholomé qui nous en mettent plein les oreilles. Suivit non loin par le quartet français Gomm aux allures d'un Sonic Youth version krautrock, tantôt clinquant, tantôt minimal et tout à fait planant. Beaucoup plus tard dans la soirée et proche de la fin de cette 24e édition, Kaiser Chiefs (photo) se placent sur scène avec aisance et sans trop de complexes. On aurait pu les assimiler à une machine de guerre, plus imposante et véloce que celle proposée par Mr Franck Black une heure auparavant. La confiance semble régner chez ces natifs britanniques depuis leur second opus Yours Truly, Angry Mob . Et la preuve en est là puisque le rendu de titres tel que We are the angry mob émeut une foule abondante et pressée contre la scène A. Cela fait au moins plaisir à voir. A entendre ? Certains moments passeront plus inaperçus. Le set, traversant des phases irrégulières d’un rock parfois moins enlevé qu’il n’y paraît, finit par détacher les plus réticents vers les bars environnants pour une dernière mousse avant clôture générale et une tombée de rideau magnifique orchestrée par AaRON .
Le duo responsable du single tueur U-turn (Lili) nous offre le grand jeu en toute sobriété en formule trio avec une violoncelliste, Maeva, à l'apport majestueux. Simon Buret au chant est intenable, danse comme une sorte de derviche-tourneur pop, et se pose en excellent communiquant avec un public ravi. De Endless song à U-turn (Lili) (et sa mer de briquets et de portables étincelants), il faut avouer qu'on en a parfois des frissons. Comme si ça ne suffisait pas, AaRON se permet de reprendre le Bachelorette de Björk, le genre de morceau casse-geule qu'ils s'approprient avec une classe folle. Un seul regret pour autant: que la production ne leur permette de dépasser l'heure de jeu. A les voir, ils seraient bien restés trois titres de plus. Nous aussi.
Il serait injuste et fort indécent de clôturer ces lignes sans parler de LA révélation de cette 24e édition du Rock dans tous ses états: Menomena . Coup de coeur du programmateur, Patrice Budzinski (voir interview ), le trio de Portland a eu le privilège de fouler la scène B à heure de grande écoute, avant 23h ce samedi, fait rare pour un groupe inconnu au bataillon. Sorte d'animal à trois voix évoluant quelque part entre un Battles et un Morphine, Menomena déstructure une pop envoûtante qui peut se montrer aussi apaisée que percutante. Batteur malheureux qui a dû se battre cinq longues minutes (une éternité sur scène) avec un charleston défectueux, Danny Siem a heureusement pu revenir à ses fûts sans trop indisposer ses compagnons de route sacrement emmerdés de combler le vide, seul incident d'un concert assez intense. Pas toujours facile d'accès, il est fort à parier que Menomena saura faire parler de lui à la rentrée avec la distribution à venir de son disque dans l'Hexagone. A l'image des Clap Your Hands Say Yeah! (assez discret et un peu pâles sur scène dans l'après-midi) venus sur le bord de scène écouter le concert, nous observerons désormais ce groupe de près. Merci le Rock. Et vivement l'année prochaine!
Crédit photos: Thomas Clot
Notre page spéciale Rock dans tous ses états 2007, ici.

Jacinte Simonet, Nicolas Maquestiaux et Julien Cottineau
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