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| Les Eurockéennes de Belfort - |
Samedi 1er juillet |
Samedi 1er juillet "Bleus et musiques"
Soleil de plomb, chaleur infernale, la deuxième journée des Eurocks s'annonce chaude. L'excitation qui gagne une bonne partie des festivaliers ne porte pourtant pas exclusivement sur les concerts du jour mais dérive largement sur le ballon rond. Et Katerine, Coldcut ou encore Depeche Mode vont devoir jongler avec le quart de finale France-Brésil.
Les maillots bleus sont de sortie. Même le maquillage tricolore s'affiche sur des centaines de bobines. Personne pourtant ne part au stade aujourd'hui. Reste que la population de la presqu'île de Malsaucy frémit et parle dans tous les sens d'un événement complètement étranger à la musique : le quart de finale France-Brésil de la Coupe du monde. La presse locale a pourtant rassuré tout le monde en indiquant qu'on devrait trouver des postes de télé dans les buvettes principales du site. Ca promet du sport en début de soirée.
La journée musicale s'ouvre, elle, sur un déluge de décibels avec les Hushpuppies qui mettent le feu sous le Chapiteau, ou encore les monstrueux Enchancer qui, même si l'on n'adhère pas forcément à leur metal/hip-hop, développent une énergie colossale sur scène. Les Sunday Drivers apaisent les débats en fin d'après-midi, tout comme Morrissey (photo ci-dessous).
Sur la Grande scène, le chanteur des feux Smiths nous sort le grand jeu et se montre particulièrement loquace. De la défaite de l'Angleterre face au Portugal, dans l'autre quart de finale du jour, à sa longue route pour venir ici ce soir depuis le Danemark, jusqu'à se demander pourquoi son album ne marche pas tellement dans notre jolie contrée! Avec la lumière rasante du radieux coucher de soleil et sa prestation toujours envoûtante, Morrissey fait toutefois fondre la majorité.
Moment de calme avant la tempête car Zidane et ses Bleus rameutent alors tout le monde devant les quelques télés. Enorme affiche du jour et du festival, Depeche Mode démarre ainsi son set avec une audience légèrement tronquée, laquelle gonfle cependant dès la fin de match pour l'un des concerts phares et particulièrement réussi de ces Eurocks (voir focus). Démarrée dans l'après-midi avec Last Minutes, jeune formation jazz, soul, rap issue du tremplin des Eurocks, la tendance hip-hop à la scène de la Plage s'est poursuivie sans discontinuer jusqu’à 3 heures du matin. Le vainqueur du concours CQFD des Inrockuptibles en 2004 et comédien au théâtre Spleen s’est présenté après les Strasbourgeois pour faire remuer une foule déjà bien excitée. Place aux grands noms après ce show, puisque c’est La Caution, le groupe de Noisy-Le-Sec qui prend les micros en mains. Résultat : pogo dans la foule pour saluer les deux frères parisiens venus exposés les meilleures chansons de leur dernier double album. ApSci enchaîne avec la délicieuse Dana Diaz-Tutaan accompagnée de son acolyte new-yorkais Ra LaMotta, mais sans convaincre.
Particulièrement déchaîné, Katerine enflamme totalement au contraire le Chapiteau sur les coups de minuit. Sur un set détonnant et énergique, entre deux de ses célèbres coupures de son, Philippe Katerine se permet aussi de faire monter sur scène une jeune femme (photo) sur Je vous Emmerde, lui offrant une danse et même son micro.
Direction la Grande scène dans la foulée pour l'un des rendez-vous fort de la journée pour le groupe à l’origine du label Ninja Tune, ColdCut, auteur d'un spectacle énorme et envoûtant. Retour rapide à la Plage pour ne pas rater une miette de celui vers lequel nombre de projecteurs sont tournés depuis la sorti de son dernier album: Spank Rock. Accompagné de son producteur et de son DJ venus pour l’occasion, le groupe réalise une prestation extraordinaire qui ravit tous les amateur du genre. Il est tard. La deuxième journée du festival a tenu ses promesses. Et même la France a battu le Brésil. Tout le monde peut aller se coucher tranquillement.
Crédits photo: Vincent Gable (1), Samuel Carnovali (2), Philippe Belossat (3).

Julien Cottineau et Emilien Ercolani
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