Cet album n’est pas un coup d’essai puisque ce groupe plutôt productif a déjà signé trois disques depuis 2002. Sur scène, Sayag Jazz Machine ne manque pas d’expérience. Leur CV est relativement riche avec des apparitions nationales au Printemps de Bourges et aux Francofolies de la Rochelle mais aussi en Europe et au Mexique notamment. La formation est composée d’un claviériste, d’un Dj et de deux instrumentistes polyvalents qui cumulent à eux deux sax, flûte et clarinette (Nicolas Sheid) et accordéon contrebasse et violoncelle (Pierre-Yves Lejeune). Pour cet album No Me Digas le groupe nous offre une mixture audacieuse et pertinente. En effet, si ce syncrétisme de dub, de drum-and-bass, de hip-hop et d’électro aux couleurs très anglaises s’avère relativement inédit, le résultat est assez personnel. C’est avec plaisir que l’auditeur pourra retrouver cette ouverture d’esprit caractéristique dans le casting pléthorique que le groupe nous offre pour cet opus.
La guest list participe à la leçon de musique que donne cette formation :être éclectique n’interdit pas d’être sélectif ! Sur Slalom,on retrouvera Soklak alias le chat, le rappeur-tagueur qui utilise cet argot gitan propre aux gens de Montreuil. Sa plume très cérébrale et son flow pointu s’accordent à merveille avec l’univers de Sayag Jazz Machine. On retrouvera également Titi Robin, ce oudiste signé chez Naïve, ses prestations amènent une touche acoustique et un joué planant qui exacerbent la musicalité du disque. Sur Distante ya on retrouve la chanteuse/rappeuse chilienne Anita Tijoux que les connaisseurs de hip hop underground ont déjà entendu aux côté de 12-3-4-3. Cet album permet également de découvrir la scène allemande avec Fleur Earth et Broke Gringos. Enfin le rappeur californien Busdriver vient assaisonner l’album avec son flow saccadé. Ce disque sort des sentiers battus. Les auditeurs qui aiment les références claires pourront peut-être trouver cet album indigeste. En revanche, on le conseille aux auditeurs curieux qui aiment la musique quand elle transgresse les barrières de genre. On peut ne pas être conquis mais on ne peut que reconnaître la profondeur du travail de cette formation !