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Senor Coconut au Nouveau Casino |
Senor Coconut au Nouveau Casino "Fièvre germanique!"
Le Nouveau Casino accueillait jeudi 6 juillet Senor Coconut and his orchestra… Ou comment une bande essentiellement composée d’allemands et de danois peut mettre un feu 100% latino…
Quand on termine un concert entièrement détrempé de sueur, c’est soit à cause d’un problème de clim dans la salle, soit qu’on vient de passer près de deux heures à se déhancher et à se déchaîner sur le son. Avec la prestation de Senor Coconut et de ses musiciens au Nouveau Casino, à Paris, c’est bien évidemment la 2ème option qui est la bonne. En tournée de promo pour leur dernier album, Yellow Fever ! cette équipée germano-latino-danoise a transformé la petite salle de la rue Oberkampf en une étuve tropicale avec ses reprises cha-cha-cha, merengue, cumbia ou salsa de tubes pop ou electro… Car la recette qui a fait le succès des albums de Senor Coconut (reprises latino de Kraftwerk dans le 1er (El Baile Alemán), de hits pops dans le 2ème ( Fiesta Songs) et du groupe pionnier de la techno pop asiatique Yellow Magic Orchestra dans le dernier, (Yellow Fever !) est brillamment efficace sur scène. Perché sur un pupitre, le maestro Uwe Schmidt officie avec un laptop. Autour de lui, un chanteur - le vénézuélien Argenis Brito - et sept talentueux musiciens (danois et allemands) de latin-jazz (vibraphones, cuivres, percus, contrebasse).
Commençant le concert avec deux morceaux du dernier album, le big band n’obtient au début que quelques trémoussements d’un public encore timide. Mais avec la reprise de The robots de Kraftwerk, LE morceau qui a rendu célèbre Senor Coconut, voilà que tout le monde s’enflamme, crie et chante "we are zé robots" en réponse au crooner et à son inimitable anglais aux accents latinos. A partir de là, le public ne cessera de danser, de chanter, d’applaudir, de lever les mains au ciel, Uwe Schmidt et son orchestre enchaînent des titres des 3 derniers albums : le formidable Beat it merengue, un Riders on the storm complètement décoiffant, entre salsa et free jazz, un Autobahn délirant, Smooth operator et tellement d’autres encore…
Sur scène, Uwe Schmidt ne sourit pas une seule fois et reste droit comme un « I » dans son costard marron. Mais ses musiciens, tirés à 4 épingles au début, tombent la veste et se lâchent. Leur prestation est impressionnante, qu’ils jouent en solo ou ensemble, une seule chose ressort : ils maîtrisent parfaitement leur sujet. Le public, apparemment déjà fan, est comblé et le seul latino du groupe, Argenis Brito, invite une jeune asiatique à monter sur scène et à danser avec lui. Pas de doute, la fièvre jaune s’est emparée du Nouveau Casino et les deux rappels ne suffiront pas à la faire retomber…
Et attention, l’un des symptômes de cette fièvre est un grand sourire béat… Car l’humour décalé de Senor Coconut transparaît à chaque note, à chaque couplet… Tout cela ne peut pas être sérieux se dit-on en entendant et en voyant un tel spectacle. Et pourtant si ! L’ensemble est drôle, car tout est traité au 2ème… voire au 8ème degré. Et en même temps, les morceaux sont parfaitement réinterprétés, la sauce prend, il y a de l’ambition, de l’originalité, du talent…Et au final, un vrai moment de bonheur musical !!!
Photos: Olivier Sibille

Emmanuel Raoul
En savoir plus :
Senor-coconut.com
Interview de Senor Coconut sur musiQualite
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