CD/Disque
She Wants Revenge "She Wants Revenge"
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   Premier jet et première réussite. Plongé dans la tourmente des early eighties, le duo électro-rock californien n'invente rien mais mixe brillamment de bouillonnants ingrédients.
On n'en est plus à un paradoxe près. Ils citent Madonna, Prince ou les Gang of Four comme influences. Ils voulaient faire du "post hip-hop". Ils espèrent à la fois faire "danser et pleurer les filles". Ils, ce sont Justin Warfield et Adam Bravin (dit " Adam 12"), deux gusses basés à Los Angeles. Deux purs Californiens issus de la San Fernando Valley, juste au nord de LA. Ils, ce sont She Wants Revenge, toute fraîche formation électro-rock à jeter un nouveau pavé dans la mare du revival rock du début des années 80.
Voix à la Interpol, claviers à la The Faint, She Wants Revenge se place d'emblée dans cette actuelle frange américaine qui se plaît à revisiter les racines britanniques de la new-wave. Le coup du post hip-hop, faudra nous réexpliquer. Madonna, Prince, on doute. Gang of Four, déjà, ça marche mieux. De Joy Division d'abord, on pense rapidement à New Order, la descendance directe, et parfois à Depeche Mode. Car ce premier album, éponyme, des She Wants Revenge a tout pour réveiller n'importe quel dancefloor. Rythmes synthétiques et linéaires, basses rondes mais froides, et ce côté très rock et saignant mais pas explosif. L'ensemble est suffisamment pesé et posé pour fonctionner tout en douceur sans temps mort ni perte d'énergie. Et loin d'être submergés par leurs influences, les She Wants Revenge parviennent à lisser leur propre patte sur la longueur. Sans rien inventer, le duo brasse un savant mélange particulièrement réussi qu'il fait totalement sien.
Du coup, on se laisse complètement aller. Même dans ces paroles désabusées et relativement cyniques autour de love stories qui sentent le vécu à plein nez. Entre les amours d'une nuit, les séparations et les difficultés de fonder une relation saine et stable, She Wants Revenge nous descend toute la gamme. Sans romance. Un peu froidement certes, mais de manière finalement assez réaliste. Et nous sert au final un cocktail très réussi qu'on ne tarde pas à consommer sans modération. On verra bien, à la prochaine cuvée du groupe, si on évite la gueule de bois.
Julien Cottineau
She Wants Revenge, "She Wants Revenge", Flawless Records/Geffen/Universal, 2006.
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