CD/Disque
Shooting At Unarmed Men "Yes! Tinnitus!"
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   Moins d'un an après leur premier album, revoilà le trio gallois. Un remaniement de line-up plus tard et voici la deuxième galette, la bien nommée Yes! Tinnitus!, emplie de bruit et de fureur.
La surprise est de taille. Le disque dépasse les 70 minutes quand le premier opus, Soon there will be... (voir la chronique ici) ne dépassait guère la demi-heure en dix morceaux! Comme sur cette deuxième galette. Tout démarre donc par un grand mystère. Car comme son prédécesseur, ce nouvel album enchaîne les titres à toute vitesse, pliés en moins de trois minutes chacun en règle générale! Sauf le dernier qui affiche un insolent 42'45! On manque de s'étrangler. Les Shooting At Unarmed Men seraient bien foutus de nous coller un horripilant morceau caché avec un silence de quarante minutes. On les sent presque se marrer comme des perdus dès l'entame de ce dernier titre joliment intitulé In flight instructions are a joke - sax 1. Facile à placer dans les conversations mondaines... Mais là aussi, en trois minutes c'est plié! Et le groupe signe alors une première dans l'industrie du disque: un retour en arrière enregistré et l'album redémarre en intégralité sur les quarante dernières minutes de la même piste! Il fallait y penser... C'est déjà attachant.
En moins d'un an, revoilà donc nos énergumènes gallois publiant un second disque. Entre temps, le bassiste et membre historique du trio, Simon Alexander a mis les voiles pour être remplacé par Simon Jarvis du groupe Big Joan, un combo un peu dans la même trempe. Soit un indie-rock garage à souhait. Ici ça pulse et ça envoie. On note toutefois l'accalmie de ce souffle punk qui suintait du premier opus. Les Shooting At Unarmed Men se sont encore un peu plus rapprochés de Shellac. Pathos Ate Bathos, titre d'ouverture, en est d'ailleurs confondant avec sa batterie syncopée et cette basse ronde, métallique, dégoulinante et métronomique. Cela dit, le groupe se la joue bien moins compliqué et tordu que leurs célèbres aînés menés par le famous Steve Albini (plus connu pour son job de producteur mythique avec toute la scène indie-rock américaine et mondiale). Non. Shooting At Unarmed Men n'est pas là pour s'emmerder mais pour aller droit au but, gueuler et jouer fort. D'où ce fantastique titre d'album qu'on peut traduire vulgairement par "Ouais! Un accouphène!". Approprié...
Au milieu de ce joyeux chaos maîtrisé, le trio ne se prive pourtant pas de quelques titres sous calmants. Histoire de mieux noyer le poisson ou encore plus de nous embobiner. Ce qui a en tout cas le don de relancer et de préserver un rythme certain. Plus mûres, les compositions s'agrègent également mieux les unes aux autres, et il faut avouer que le son a bénéficié de plus d'attention sans perdre cette urgence ni ce côté brut des débuts. De sorte que Shooting At Unarmed Men ne cesse de se bonifier avec le temps. Reste à savoir s'ils ne seront pas déjà sourds le jour où ils supplanteront toute la scène indé.
Julien Cottineau
Shooting At Unarmed Men, Yes! Tinnitus!, Too Pure/Beggars Banquet, 2006.
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Pour aller plus loin...
- Site officiel
- Beggars Banquet |
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