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Soiree Tango au festival Sons d’Hiver |
Soiree Tango au festival Sons d’Hiver "La relève du tango"
Une soirée entièrement consacrée au(x) tango(s) durant le festival Sons d’Hiver nous a donné à voir trois concerts. Trois artistes, trois styles qui nous ont prouvé que cette musique est bel et bien vivante et en perpétuel renouveau.
Le public de connaisseurs qui a quasiment rempli la salle sait qu’il s’apprête à passer une soirée élégante. L’arrivée de Melingo en deuxième partie de soirée ne le contredit pas. Les cheveux gominés, le costume trois quart qui tombe bien, Melingo paraît tout droit sorti d’un film des années cinquante. Ecorché vif, pur produit des faubourgs de Buenos Aires, ce rebelle crooner à la voix qui donne des frissons a débarqué dans le tango alors qu’on ne l’y attendait pas. Chanteur rock dans les années 8O, il porte en lui des cicatrices qui lui confèrent tout son charisme et une épaisseur à la hauteur des textes qu’il raconte. Auteur-compositeur, il revisite le personnage du chanteur de tango dans un format qui ressemble plus à du cabaret qu’à un concert. Ses histoires tristes, même ceux qui ne parle pas l’Espagnol et maîtrisent mal l’argot argentin les comprennent. Il suffit de le regarder pour comprendre qu’il nous parle de rêves brisés, de passion et de trahison, le tout servi avec l’humour du désespoir et le second degré de celui qui revient de loin. On est tout simplement touché devant la sincérité du personnage.
Di Giusto y Camerata Ambigua qui ont très délicatement ouvert le bal ne sont pas en reste. Autour de son piano, une formation classique (violons, violoncelle et contrebasse) accompagne Di Giusto. Il nous prévient tout de suite, et nous le démontre aussitôt, sa démarche n’est pas de s’enfermer dans ce registre mais au contraire de puiser dans les folklores de l’Argentine pour y trouver une énergie nouvelle. A travers des rythmes de chacarera ou de zamba il revisite le tango traditionnel en puisant dans les racines indiennes mais avec « une vision mondialiste ». Son groupe porte bien son nom , il porte un tango ambiguë entre jazz et rythme folklorique servi par des musiciens brillants. On ne peut que rester admiratif devant la virtuosité au piano de Di Giusto ou l’excellence de son premier violon.
Enfin, et pas des moindres, « el Maestro » Caceres clôture la soirée. L’artiste qui s’est fait connaître notamment en réhabilitant les racines africaines du tango ne perd pas l’occasion de nous rappeler que « la modernité se trouve dans no racines », qu’il faut « retourner dans le passé pour se réapproprier notre identité (argentine ndlr) ». Les deux percussionnistes accompagnés de l’immanquable bandonéon (accordéon) nous font vivre le tango comme un carnaval. Au rythme du candombe, on s’agite sur son siège et on se laisse aller sur ces rythmes festifs ou ces milongas nostalgiques. Une fin de soirée à l’image de la programmation, haute en couleurs.

Caroline d'Avout
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Site du festival
Le label Manana
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