CD/Disque
Soprano "Puisqu'il faut vivre"
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   Un premier album assez complet et parfois émouvant de la voix la plus charismatique des Psy 4.
Pour réussir dans le hip-hop, il faut panacher plusieurs qualités, pouvant être considérées comme des points cardinaux de la vérité rapologique. Le charisme et l'énergie en font partie. Si on ne devait s'en tenir qu'à ces deux notions, Saïd serait un boss incontesté, aux côtés de Diam's et Keny Arkanna . On l'a déjà évoqué dans l'interview et le compte-rendu du concert de Soprano, ce garçon est né avec de l'or dans les cordes vocales. Un timbre haut perché et inimitable, sur lequel danse et chante l'accent phocéen, que le rappeur alimente sur scène, en bougeant de tous les côtés. Deux albums très bien vendus avec les Psy 4 et de nombreux featurings plus tard, le moment était venu pour Sopra de se lancer tout seul comme un grand.
Pas besoin de chercher ici une apologie des flingues et des pétasses, des berlines ou de l'endurance sexuelle. Soprano reste fixé sur un créneau dominant, la mélancolie. Sa mélancolie, celle des exclus et des marginaux. D'où ce morceau Mélancolique anonyme, où l'artiste met en scène une réunion de groupe, avec au passage un featuring très court de Diam's, sous-entendant que l'ensemble des rappeurs français souffre de mélancolie. L'occasion aussi pour Soprano de jouer avec les mots, et d'évoquer ces fois où il fait toujours péter ce putain de mélancotest... Il faut dire que l'album entier baigne dans une lueur plutôt triste, avec la voix de Pascale Clark pour agencer le tout en spécialiste des confessions sur un divan. L'autre titre symbole de cet état d'esprit est Bombe humaine, cri du coeur lancés à tous ceux n'ayant plus rien à perdre, au point d'aller se faire exploser. Le morceau Dans ma tête est tout simplement magnifique. Et puisqu'il en faut pour tous les goûts, les clubs et les caissons de basse, Sopra
n'oublie pas de satisfaire les oreilles en quête de fun, avec un Halla Halla jouissif qui lui permet de s'amuser comme à l'époque de Bloc Party, avec voix saccadée et chuchotements. Le tube Moi j'ai pas et son "name dropping" se laisse aussi redécouvrir avec plaisir. L'interlude potache Le bistrot du coin ravira tous ceux qui aiment Marseille et ses ambiances, tout comme le morceau A la bien. Soprano a invité à ses côtés le Rat Luciano, les Psy 4, son pote Mino, la chanteuse Léa, et Blacko (Sniper). Les productions sont plutôt sobres dans la forme, avec beaucoup de claviers. Cet album se voulant complet, on déplore aussi des morceaux un peu parasités par un refrain sirupeux r'n'b...il parait que ça passe mieux à la radio, que ça plait à une partie plus sentimentale du public, et de toute manière cette mode a conquis tout le hip-hop, même celui des Etats-Unis. On s'y résigne, mais c'est toujours difficile à écouter pour ceux entrés dans le hip-hop avec Public Enemy ou NWA.
Matteu Maestracci
Streetskilz/Hostile (mars 2007)
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Pour aller plus loin...
- Site officiel
- Lire l'interview de Soprano sur musiQualité |
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