CD/Disque
Spontane "God is dead in good luck city"
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  Le collectif franco-américain a fait de l’improvisation et du mélange des genres sa marque de fabrique… au risque de se perdre ?
Prenez un MC américain. Ajoutez cinq musiciens français (batterie, basse, claviers, guitares, saxo/effets). Posez-les à Brooklyn pour qu’ils écument les salles de New-York et de la côte est… Cela donne un collectif détonnant ! Comme son nom l’indique, le son de Spontané repose avant tout sur une culture de l’improvisation. Forgé sur scène, il mélange dans un joyeux bazar hip-hop, électronique, guitares rock et solos jazz-funk. On l’imagine, le cocktail doit sûrement bien fonctionner sur scène. Aux Etats-Unis ou en France, le groupe a déjà d’ailleurs partagé l’affiche avec Antibalas, Sergent Garcia ou Roots Manuva.
Le problème, c’est qu’en écoutant sagement ce disque chez soi, on a un peu de mal à apprécier ce mélange des genres à l’extrême, cette énergie débordante qui part dans tous les sens. D’une plage à l’autre, on passe ainsi d’impros hip-hop (No rules on the radio, Akninganing) à du rock psychédélique saturé (Boom mie, Motopsycho), puis brutalement sur une balade jazzy (Closer than back) avant d’être respeedé sans préavis par de l’électro froide et minimale (Regulations). Résultat : on ne sait jamais où on en est. D’où une impression désagréable de ne jamais pouvoir plonger dans le disque, mais d’être au contraire sans cesse secoué dans tous les sens. Un disque à réserver à tous ceux qui n’aiment pas les albums formatés. Ou qui, avec ce froid polaire, ont envie de se faire réchauffer les oreilles…
Olivier Sibille
Dad records (6 février 2006)
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