STEPHAN EICHER
"Interview à Musiques en Stock (festival)"
Cela fait plus de 20 ans, que celui qu’on surnomme le « suisse errant » nous fait partager son univers musical. Ces origines Tziganes en font un touche à tout, qui vie sa vie au gré de ses envies. Interview de ce personnage hors du commun.
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STEPHAN EICHER
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Photo ©
Hervé ALLEMAND / photo-illustration book |
Ton spectacle est un mélange entre passé et avenir, pour toi le plus important c’est quoi?
Je crois que le but, c’est quand même de vivre dans le présent. Comme disait Woody Allen, il n’aime pas vraiment la réalité et le présent, mais c’est le seul endroit où il se sent comme un steak bien cuit, (rire) et je vois ça un peu comme lui. Oui le présent, la vrai vie, le réel, mais je crois que c’est pas mal d’essayer de définir le présent avec le fait de comprendre son passé.
Comprendre c’est un grand mot, mais il faut regarder un peu d’où on vient pour savoir où on veut aller, ça c’est nouveau chez moi. Ça fait quelques années que je me retourne et que je regarde mon passé. Ça doit être chiant pour le public, mais bon…..
Cela fait la seconde fois que tu viens à Cluse, y a un truc particulier qui te rattache à ce coin ?
Cela fait plus de temps que je viens dans le coin, car c’est les organisateurs de la soirée qui se sont occupé de mes tous premiers concerts dans la région. Un jour, je suis allé à Genève, et j’ai croisé un jeune couple qui m’aimait bien et qui faisait des concerts dans le coin, j’y suis allé et depuis, sa fait 15 ans qu’on ce connaît.
C’est donc une véritable amitié entre vous ?
C’est des gens que je respecte beaucoup. Ils sont plus devenus des amis, que des producteurs de concert. Quand ils m’ont demandés de venir ici, je faisais quelques concerts tout seul, ils m’ont demandé de venir et voilà je suis là.
J’ai l’impression que pour toi faire des disques, c’est juste un bon moyen de repartir en tournée ?
Oui, le dernier disque était comme ça, pour « Taxi Europa » j’ai commencé à écrire les chansons pour faire une tournée. Le prochain album sera un peu différent. Quand je fais le disque, je veux faire participer le public avec les possibilités de faire et de refaire. Là, je cherche une espèce de disque, que si vous l’écoutez vous êtes vraiment avec le chanteur sur le moment ou ça se crée.
On ne sait jamais ou te trouver musicalement…..
Y’a un problème entre nous, comme on ne se parle pas chaque jour, c’est difficile de me comprendre. Si on se parlait chaque jour tu verrais que mon chemin est logique. Il s’est écoulé deux ans entre mes deux albums, et les gens ne peuvent pas suivre durant ces deux ans là où je vais. Pour quelqu’un qui est très proche de moi, tout le disque est logique. Mais pour les médias, je peu m’imaginer qu’ils diront, un coup c’est du rock, là c’est acoustique une autre fois c’était électronique. Je crois que c’est plutôt ça qu’on ne peut pas toujours suivre chez moi. J’ai constamment cette curiosité enfantile en moi. Refaire deux fois la même chose c’est chiant, pour moi la vie est trop précieuse. Ce n’est pas pour avoir l’air d’un gars créativement débordant, c’est vraiment pas ça. C’est que j’ai tracé trois disques depuis « Taxi Europa ». J’ai eu trois disques en tête ou je me suis dit : « Non je fais autre chose », Ca va très vite.
Le festival est gratuit, c’est un truc qui te tient à cœur ?
Je ne fais pas trop de festivals. Pour moi cela dépend beaucoup de la programmation. Si on fait des festivals gratuits, c’est pour faire plaisir à tout le monde. Et puis ici, j’ai l’impression que les organisateurs avaient déjà plus envie de se faire plaisir à eux, et aux musiciens, grâce à ça j’espère aussi faire plaisir au public. Mais y a vraiment plein de choses à découvrir ici, et ça c’est rare. Les Merguez sont aussi importantes que les chanteurs et la soif. J’ai l’impression qu’ici les gens sont plus respectueux avec la musique.
Comment te définirais-tu en trois mots ?
Curieux, soif, et faim !
La vie à l’air d’être un vrai terrain de découverte pour toi…
Les artistes ont une peur, c’est de comprendre ce qu’ils font. J’ai un peu peur de comprendre ce que je fais, j’aime bien me lever le matin et me dire « qu’est ce que je vais découvrir, ou est ce que la vie m’emmène. Si j’ai l’impression de comprendre une direction, et une façon de comprendre les choses, ça m’ennuierait.
On connaît tous Stephan Eicher chanteur, mais moins le Stephan Eicher photographe, tu peux nous en parler ?
Ca j’ai arrêté définitivement, je crois, quand je suis arrivé à la 5000ième ou même plus. J’ai déménagé et j’ai une grande caisse de photo de chambres d’hôtel et je me suis dit que ça suffisait. Là, j’ai commencé d’autres collections, j’aime bien rythmer ma vie avec ce genre de conneries. Un jour je vais ouvrir une boite et me dire qu’est ce que c’est que toutes ces photos de chambre d’hôtel. Non là j’ai arrêté tout ça, comme les photos de taxi que je prend, j’ai fini aussi. En ce moment c’est l’architecture, je fais des photos de maisons que je trouve belles ou moches. (rire)
Tu ne voudrais pas les exposer un jour dans une galerie ?
Non, c’est vraiment pour moi, y a pas grand monde qui comprendrait je pense. Ces photos sont bonnes quand elles ne le sont pas.
En 2003, tu as été nominé au César pour le film d’Antoine De Caune « Monsieur N » comme meilleur musique de film, quelle expérience en as-tu tiré ?
Oui, ça c’est très chouette, on n’est pas Stephan Eicher, on est un simple compositeur qui va satisfaire une envie, d’une histoire, d’un réalisateur, d’un film. Je suis là pour satisfaire ça. Mon but c’est que si les gens l’écoute personne va dire mais c’est Stephan Eicher. Ca ma fait faire un grand bond, c’étais très agréable de faire ça.
Tu recommencerais l’expérience ?
C’est un travail que j’aimerais bien refaire. 
Propos recueillis par Daniel Kall
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