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CD/Disque
THE CURE "The Cure (AVANT-PREMIERE)"
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    L'éponyme The Cure ne sera pas le dernier album. Il n'est du moins pas annoncé comme tel, ce qui est en soi une révolution. Car depuis une vingtaine d'années, Robert Smith n'a quasiment jamais célébré la sortie d'un nouveau disque sans évoquer une retraite imminente du groupe.
Cette perspective a encore frôlé la réalité en 2002, tant les conditions paraissaient « idéales ». Dégagé du contrat avec le label Fiction, Robert Smith était décidé à se consacrer enfin et pleinement à son album solo. Et en novembre, The Cure achevait à Berlin le « Trilogy Tour », événement inédit dans l'histoire du rock, et sorte d'enterrement magistral avec l'interprétation live chronologique et intégrale de trois disques majeurs du groupe : Pornography, Disintegration et Bloodflowers. L'affaire semblait entendue.
C'était sans compter Ross Robinson. Le producteur de Korn et Slipknot aurait remotivé les troupes et bataillé contre l'unique signature de Robert Smith pour un projet solo. Le bougre voulait un album du groupe! Chose faite avec The Cure, treizième album studio. Et la surprise est de taille à bien des niveaux. Vingt-six ans après ses débuts, The Cure semble renaître. A l'écoute, une impression s'esquisse, celle que le groupe britannique a tourné la page en se retournant sur son passé une dernière fois, en puisant parmi le meilleur de son répertoire. A la fois sombre et mélancolique, chaleureux et électrique, parsemé de chansons somptueuses et de pop-songs efficaces, malgré quelques morceaux en demi-teinte, The Cure s'approche de Wish et même des chefs d'oeuvre comme Disintegration et Pornography.
Hormis la qualité de l'ensemble, deux données sautent aux oreilles. D'une part, Ross Robinson a apporté un son neuf. En épurant la densité sonore intrinsèque à la grande majorité de la discographie du groupe, Ross Robinson a mis en avant une certaine intensité, pesante mais sèche, en vivifiant l'impact de la basse et la présence de la batterie. D'autre part, et c'est une réelle surprise, Robert Smith chante d'une voix bien plus puissante et agressive qu'à l'accoutumée. Ce qui ne gâche rien.
Si The Cure renoue avec le meilleur, deux certitudes sont désormais établies. Comme le dit Robert Smith : « Si vous n'aimez pas cet album, vous n'aimez pas The Cure ». La deuxième, c'est que le groupe inaugure là une nouvelle jeunesse. Il serait dommage de passer au travers.
The Cure, The Cure – Geffen / I Am Recordings / Polydor. Sortie nationale le 28 juin.
Julien Cottineau
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