CD/Disque
The Eighteenth Day Of May "The Eighteenth Day Of May"
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   Londres n'engendre pas que des groupes de rock énervés. La petite troupe de The Eighteenth Day Of May se complait dans une folk-pop psychédélique joyeuse et sagement débridé. Frais et chaleureux.
C'est l'antidote parfait à la morosité ambiante. Une morosité telle, paraît-il, que certains titres de presse n'hésitent d'ailleurs même pas à en faire leurs gros titres. Passons. Si la fin de l'hiver a toujours tendance à traîner et le printemps à se faire attendre, ce premier album des Eighteenth Day Of May nous porte directement sous de bien meilleures auspices climatiques. En fait, c'est bien simple, le premier album de ce groupe américano-anglo-suédois ne semble connaître qu'une saison: le printemps.
De la pochette verte jusqu'au son, sans oublier la joyeuse atmosphère infiltrée dans tous les recoins du disque, on s'y croirait. Pour la petite histoire, le trio originel s'est formé... en mai. Sur un toit dans l'est de Londres. Déjà, ça laisse rêveur. Folklore ou pas, à vrai dire, on veut bien y croire, après tout ça n'a rien d'insensé. Et de toute façon on n'imagine moins, dès la première écoute du disque, les gais lurons se rencontrer dans un rade miteux, enfummé, suitant l'alcool et la sueur, de l'East End. C'est beaucoup moins funky, et franchement, ça ne collerait pas à ce psychédélisme joyeux et sage qui découle tout au long des douze titres du disque.
Le sextet, emmené par le noyau dur Allison Brice (voix), Richard Olson (voix, guitare) et Ben Phillipson (guitare, mandoline), se distingue de la scène folk actuelle. Exit les tourmentés et dépressifs chroniques. Pas d'obédience Devendra Banhart non plus. Les Eighteenth Day Of May en sont certes plus proches, mais c'est sans doute trop hippie et trop rock'n'roll pour eux. La tribu londonienne se réclame de plusieurs héritages, des Charlatans au Velvet, de Shirley Collins à Fairport Convention. Ce à quoi on ne trouvera guère de choses à redire. Ce qui donne un cocktail très agréable oscillant entre pop, folk, quelques accents alt-country, le tout secoué gentiment au shaker psyché. Pour un résultat d'excellente facture, propre, sagement débridé et faussement naïf. Si on regrette juste la présence de quelques titres forts qui se détacheraient vraiment de l'ensemble, on ne pourra pas se plaindre d'une qualité présente du début à la fin qui fait de ce premier album un très bel ensemble homogène et lumineux.
Julien Cottineau
The Eighteenth Day Of May, "The Eighteenth Day Of May", Hannibal / Naïve, sortie le 28 février.
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