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CD/Disque
The Gossip"Standing in the way of control"
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Ça vous tenterait, vous, d’être une lesbienne obèse à Portland, Oregon ? Eh bien, Beth Ditto le vit si bien qu’elle a été élue personnalité la plus cool du rock en 2006. Mais laissons de côté ce genre de potins et parlons un peu de Gossip.
par Fanny Chiarello | le 16/09/2007 | genre: cold wave’s not dead
Il y a quelques années, l’excellent label Soul Jazz ressortait des boîtes noires les perles de la cold wave new-yorkaise dans une série de compilations et de rééditions. Héritier à la fois du Velvet Underground, du funk et du free jazz, terreau de Sonic Youth , le mouvement rassemble quelques-unes des références les plus évidentes de The Gossip : ESG évidemment, mais aussi Teenage Jesus and the Jerks, le groupe de Lydia Lunch, ou encore Liquid Liquid. Et le groupe propose effectivement une formule évoquant fortement la cold wave. Les abondantes influences qu’il revendique, comme la musique qu’il nous livre, couvrent un vaste pan de l’histoire musicale, des musiques noires aux musiques blanches, du funk au punk, des Supremes aux Slits .
A la première écoute de Standing in the way of control (piste 2), j’ai mis pas mal de temps à décider si la voix de Beth Ditto était une horreur dans le style des Irene Cara et autres stars d’une décennie (les années 80 qui plus est) ou un objet de curiosité et donc à porter aux nues. La musique, d’une terrible efficacité – batterie hargneuse, guitares vintage, basse funky – ne m’aidait pas à déterminer si, à la deuxième écoute, j’allais détester cette chose ou la repasser une troisième fois. Mais quand même, les ruptures de rythme, les explosions, la sauvagerie (pas très Irene Cara) de la voix… Tous ces ingrédients m’ont fait bouger les pieds avant que j’aie pu régler la question de mon scepticisme. Affaire classée: il faut écouter tout l’album, me suis-je dit.
Aux trois premières chansons musclées, disco-punk, succède un Coal to diamonds pour le moins surprenant, qui tranche définitivement le problème de la voix : puissance soul, audace digne de Yoko Ono. Le groupe excelle autant dans la douceur mélancolique que dans la tuerie dancefloor. Teintés de blues, Holy water et Dark lines le confirmeront. Ces beaux interludes apportent une respiration appréciable à un enfilement de bombes reprenant une formule imparable: une voix chaude mais capable de stridences se tordant frénétiquement sur une musique au rythme effréné mais au son électrique glacé. Avec par endroits des sonorités pas loin d’électroniques dont on imagine qu’elles font sans doute lever bien des bras dans les concerts et les clubs. Le scepticisme a bien failli me faire rater un excellent disque: ne faites pas cette erreur.