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Reportage -
The Klaxons au Grand Mix de Tourcoing
The Klaxons au Grand Mix de Tourcoing "Les gosses jouent leur premier best-of"
L’attente était immense (et longue, sans vouloir faire « mamie a oublié sa chaise pliante ») pour le groupe à un seul album le plus évoqué par la presse. Outre la masse d’articles qui leur est consacrée, on ne compte plus en effet les chroniques annonçant la naissance de groupes « dans la lignée des Klaxons » et la presse la plus réputée crie à la révolution : Klaxons, vous dit-on, ça ne peut pas juste être un groupe, même un groupe très enthousiasmant, ça doit être une école. Et ce soir l’école vient à nous. Que fait-on ? Tout le monde sort son tube fluo ?
Le Grand Mix affiche complet pour les Klaxons. On y croise des jeunes filles survoltées qui ne doivent pas être des clientes habituelles de la salle et qui enfilent leurs panoplies de fan dans les toilettes en poussant des cris stridents, on y croise des garçons encore plus sapés que les Klaxons eux-mêmes, anoraks et Converse flashy, T-shirts à pois, les cheveux sous les oreilles, l’œil mou mais le rire caverneux. On croise aussi des gens majeurs, mine circonspecte, venus voir la bête et éventuellement se trémousser un peu avant de réintégrer leurs moues désabusées et leurs références millénaires. Une telle diversité amuse et fascine, en tout cas offre une richesse visuelle asse rare.
On ne sait pas forcément à quoi s’attendre de la part du groupe, qui est réputé faire durer la fête jusqu’au bout de la nuit dans des raves mais qui par ailleurs en est encore à son premier album. On s’apprête donc à oublier tout ce qu’on a lu sur le sujet pour se laisser emporter là où les quatre jeunes gens voudront nous mener. Et c’est à travers leurs tubes, droit au but, sans fioriture, sans prise de risque ni dérive rave mais avec une énergie assez remarquable, que les petits gars nous emportent. Pas de fluo tout compte fait. Même dans le public, je ne compte qu’un tube phosphorescent, et c’est tout juste s’il ne semble pas dater d’hier soir.
Mais chaque fois que le groupe attaque un nouveau titre, c’est la même clameur qui l’accueille. « Encore un tube », me glisse une amie. A vrai dire, ce premier album ressemble à un best-of, aucune chanson ne relâchant la pression, aucun répit dans ce qui ressemble à une quête éperdue de toujours plus d’intensité. Trois des Klaxons s’échangent clavier, guitare et basse tout au long du concert sans que celui-ci perde en fluidité, les deux voix aboient à l’unisson des paroles pas toujours audibles, passent d’aigus en graves avec beaucoup de grâce et le groupe réussit l’exploit de ne pas massacrer Golden Skans, ses harmonies vocales haut perchées s’enroulant sans accroc autour de la structure plus grave de la chanson. Ce n’était pas gagné, le concert ayant débuté un peu laborieusement avec le cultissime Atlantis to Interzone, dont les ruptures de rythme semblent bien difficiles à maîtriser sur scène...
« Bon, me dit mon amie, je crois qu’ils ont tout joué, là, non ? » Et oui, c’est déjà fini. Les deux seuls titres inédits joués pendant le concert ne permettent pas de douter que le groupe survivra sans peine au fameux cap du deuxième album, et nous promettent de plus longs concerts mouvementés.