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CD/Disque
The Presets "Beams"
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Le premier album de ce duo australien fait voler en éclats les barrières entre rock et techno : rythmes déchaînés, chants à la limite de la cassure, le résultat est séduisant.

par Emmanuel Raoul | le 04/09/2006 | genre: electro/rock

The Presets - Beams
Non, il ne s’agit pas d’un énième revival New Wave, ni d’une pop cherchant à se renouveler du côté de l’électro, mais bien d’une production originale et "100% XXIème siècle". Formé par Kim Moyes à la batterie et Julian Hamilton au chant et aux claviers, The Presets a très vite conquis le public anglo-saxon avec un son qui échappe aux classifications. A l’écoute, on retrouve bien sûr leurs influences, (The Cure ou Supercollider notamment), mais ces deux Australiens s’affranchissent de tout canon musical pour cet album où alternent des morceaux post-punk orientés vers le dancefloor et des ballades electro-neurasthéniques.
Steamworks est une parfaite entrée en matière avec une voix qui n’apparaît qu’à travers de petits samples soutenus par une ligne de basse, le tout dans une montée haletante. C’est dans la suivante, Are you the one, que le chant apparaît, tragique, alors que guitares, charley et claps se tirent la bourre dans une fusion magistrale. Avec Down down down, on est plutôt du côté noisy pop désespérée, chantée par un ado carburant au speed. Le son est un peu cradingue, crachouillant, grésillant et la voix nasillarde et gueularde. Et pourtant des nappes éthérées trouvent encore le moyen de se glisser dans ce maëlstrom qui a toutes les qualités d’un tube… Pas étonnant que ce morceau et I go hard, I go home sorte sur un maxi avec un remix de Dj Hell, tous deux sont taillés pour embraser le dancefloor.
Mais la voix de Julian Hamilton sait aussi se faire plus posée, plus suave, comme dans Girl and the sea, un morceau kitsch d’electro-pop romantique ou encore Kitty in the middle où le chant, doux et lointain, surfe littéralement sur les sons électro (les australiens ne peuvent pas s’empêcher de surfer, paraît-il). Il peut aussi sombrer dans un océan de déprime, sa voix de déterré nous entraînant dans une inextricable mélancolie dans Bad up your betterness. L’hommage à (ou l’héritage de) Cure y est évident, tout comme dans Black background.
Alors, en attendant de découvrir ces Australiens sur scène en France (leurs prestations sont spectaculaires et explosives, paraît-il), on peut savourer cet album, le volume à fond, même les voisins apprécieront.

Emmanuel Raoul
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Gigolo/Nocturne (28 août 2006)


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