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The Strokes et Daft Punk |
The Strokes et Daft Punk "Converses fatiguées vs. fresh touch"
Deux grosses affiches du festival se sont croisées le premier soir à Malsaucy. En soirée, The Strokes est parti pleine balle avant de marquer le pas. Dans la nuit, Daft Punk a fait graduellement monter la pression sans faux pas.
Tout le monde en a gardé sous le pied. Toute la journée, pour l'ouverture, les festivaliers y sont plutôt allés molo, en attente des deux monstres du jour. D'un côté, l'énorme sensation rock new-yorkaise, de l'autre, les piliers de la mythique french touch. Si The Strokes et Daft Punk ne jouent pas dans la même catégorie, ils se retrouvent au moins sur un aspect: faire bouger et danser les foules.
En entamant avec le furieux Juicebox et l'emblématique The End Has No End, les New-Yorkais ont frappé fort d'emblée. La foule massée devant la Grande scène est portée de suite en ébullition. Mais pas le temps de se chauffer à blanc car sur scène, ça tousse. Démarrée pied au plancher, la prestation des Strokes perd de son souffle dans la foulée! Pied sur le retour central et dos courbé, Julian Casablancas (au chant, ndlr) fait de son mieux pour mener sa troupe. Mais ses quatre acolytes semblent être atteints d'un sérieux coup de pompe. La scène paraît presque trop grande pour eux, les morceaux manquent d'énergie, parfois même d'une petite étincelle. Auteurs, paraît-il, d'un concert géant la veille au Zenith de Paris, les Strokes semblent franchement manquer de jus. La machine se ré-emballe pourtant un peu en fin de set, mais dans l'ensemble, on reste plutôt sur sa faim.
Deux heures plus tard, la foule est à nouveau massée devant la Grande scène. Plus dense. Plus excitée. Certains sont même hystériques. On ne les a plus vus en live en France depuis 1998... Presque une génération. Sur scène, encadrée de gigantesques rampes de lumières, trône une pyramide noire avec le sommet tronqué. C'est là qu'apparaissent après quelques palabres les deux casqués! Daft Punk est de retour! Les murs d'enceintes crachent des beats frénétiques, les lumières déchirent la nuit, et la foule se transforme en dancefloor géant. Subsistent deux interrogations en tout début de concert. Comment vont-ils jouer? Et comment tout ça peut tenir presque deux heures sur scène sans lasser? Car hormis les ondulations de leurs casques et leurs manipulations de samples et de claviers hors de portée de nos vues, les deux compères semblent visuellement limités. Primo, Daft Punk offre une nouvelle lecture de son oeuvre grâce à un remix continu de leur plus gros tubes, toujours avec l'entêtant "Around the World" repris durant toute la durée du show. Tout s'enchaîne et la richesse de leur répertoire est vraiment mise en lumière. Deuxio, le lightshow progressif, parfois un peu kitsch mais efficace, assure le spectacle. Même la sombre pyramide se raye de couleurs ou d'images logarythmiques. Pris dans un tourbillon de son et de lumières, les festivaliers déchargent leurs ultimes batteries et se laissent aller jusqu'au bout. On peut ne pas aimer Daft Punk, ça a quand même de la gueule sur scène. En pleine frénésie rock actuelle, la french touch a prouvé qu'elle a encore de très beaux restes.
Crédits photo: Marie Jérôme (The Strokes), et DR (Daft Punk).

Julien Cottineau
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