CD/Disque
The Subways "Young For Eternity"
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   Encore un groupe de rock britannique tout neuf tout joli. Comme souvent, ce trio indie-rock fait plutôt mouche, bien moins influencé par le revival new-wave que par l'indie-rock US. Mais demeure encore un peu vert.
La production britannique n'en finit plus de déferler cette année encore. Tous les mois, voire toutes les semaines, un nouveau combo sort un premier album qui va « tout arracher ». Pas évident de faire le tri. On frôle aussi l'overdose, parfois.
En provenance de Londres, voici donc trois tous jeunes énervés format power trio basse-batterie-guitare. Ca piaille, ça remue et ça s'agite. The Subways, ce sont quelques bonnes et efficaces mélodies ramassées, concentrées, d'une efficacité probante. Les « Oh Yeahs », « Rock'n'Roll Queen », et autres « Young for Eternity » sont autant d'hymnes accrocheurs, sautillants et faciles à retenir, portés par de grosses guitares, tout droit issues de l'indie-rock américain, un poil nirvanesque. Il y aussi cette petite colonie de ritournelles pop-rock habillées de guitares sèches à la Oasis, de « No Goodbyes » à « Lines of Light ». Plus lassantes qu'accrocheuses au passage.
On s'attardera sur le reste. Plus incisif. Plus garage, avec quelques gentillets relents punk. Comme si on avait filé du speed aux JJ72, leur ôtant ainsi tout lyrisme et toute mélancolie (même si c'est d'ailleurs vraiment comme ça qu'on les aime). C'est sur des titres comme « I Want To Hear What You Have Got To Say » en ouverture, le brûlant « With You », ou le plus fouillé « Somewhere » que The Subways se montrent le plus intéressants. C'est là que la voix du chanteur guitariste Billy Lun se marie le mieux à celle de Charlotte Cooper, sa copine bassiste. C'est là que décolle le mieux l'énergie développée par le groupe. Energie qui se confond souvent un peu trop avec précipitation. Car c'est probablement en étendant les morceaux (ce qui nécessiterait foncièrement d'étoffer les paroles) et en laissant les mélodies se développer que le trio possède un vrai potentiel. Un peu lifté, un peu plus posé, ce premier disque aurait pu faire un somptueux EP à écouter en boucle.
Julien Cottineau
The Subways, "Young For Eternity", City Pavement / Infectious Records.
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