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CD/Disque
The Who "Endless wire"
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24 ans après It’s hard, Pete Townshend et Roger Daltrey ont repris le chemin des studios pour un album inespéré. Malgré les cruelles absences de Moon et Entwistle, les Who réussissent un retour gagnant dans les bacs de disques.

par Yannick Perrin | le 06/11/2006 | genre: rock

The Who - Endless wire
On peut très bien considérer que la carrière des Who s’est stoppée net à la mort de Keith Moon en 1978. Mais cette facilité n’est pas de mon goût, ni de ceux qui continuent à supporter ce que le rock a connu de plus énorme dans ses rangs. Il ne s’agit pas ici d’une énième reformation du groupe. Si leur carrière s’est effilochée au fil des décennies, elle reste riche en émotion forte et retours de flammes conséquents.
Les deux albums qui ont suivi la disparition de leur batteur demeurent de bonne facture. Associer Faces et Who, c’était plutôt bienvenu sur le papier. Kenney Jones a laissé une frappe précise et directe et permis au groupe une tournée d’adieu triomphale.
Retour des Who en 1989. La réponse au Steel Wheels Tour des Stones est l’opéra rock Tommy. Un classique sorti de l’étagère et le jackpot du côté des tiroirs-caisses. Simon Philips est derrières les fûts.
Nouveau come-back en 1996 avec cette fois-ci le double Quadrophenia qui refait surface. Le groupe, au top de sa forme, embauche Zack Starkey, rejeton du "Fab Four" Ringo Starr. Ça sonne juste et fort, c’est énorme.
Mais le mauvais sort emporte John Entwistle. "The Ox" est foudroyé par un arrêt cardiaque à Las Vegas la veille de la tournée US 2002.
Ce qui aurait pu mettre un terme définitif à l’histoire de ce groupe va en fait relancer la machine de toutes ses forces. Daltrey et Townshend décident d’honorer leurs dates de concerts en mémoire de leur vieil ami.
C’est ici que Pete Townshend commence à plancher sur de nouvelles compositions. Deux trouveront leur place sur la compilation Then and now. Jusqu’en 2006, les Who ne vont cesser de tourner, affinant ainsi leur nouveau line-up. Pour la scène, on retrouve donc les seconds couteaux Pino Palladino à la basse, Simon Townshend à la guitare, John Rabbit Bundrick aux claviers et bien sûr le Zacky à la batterie. Vitesse de croisière optimale, les dates s’enchaînent et le nouvel album peut enfin voir le jour.
Retenu par les frères Gallagher, Starkey cède sa place à Peter Huntington pour les sessions studios. Enregistré chez Townshend, Endless wire vient rompre un silence de presque un quart de siècle.
19 titres en 53 minutes à vous faire dresser les poils des tympans. Daltrey est dans la tonalité, son camarade de jeu fait frémir ses guitares, l’électro-acoustique est de mise, les papys se sont assagis, mais l’émotion est au rendez-vous. Tout est intact. Surprenant d’inventivité, classieux, intouchable.
Les neuf premiers titres sont grandioses. Émotionnellement, Townshend touche la corde sensible avec une partition tout en mesure, des morceaux relativement courts et une couleur musicale nous rapprochant de l’album Who’s by numbers.
La deuxième partie du disque n’est autre qu’un mini-opéra, Wire & Glass.
On songe tout de suite à Tommy mais c’est A quick one qui va remporter la référence.
Et c’est de très loin la meilleure production de Townshend depuis, bon sang, depuis peut-être Who’s next! Inutile d’y rechercher la force rock de cet album mythique. C’est ici la créativité qui prend les commandes. De tous les disques solos du guitariste, aucun n’arrive à la cheville de cet album.
Une si longue attente était-elle nécessaire? Sans doute. Comme une bonne vieille bouteille de Bordeaux, le groupe dégage ici tout son parfum, tout ce qui a fait de lui la plus grande machine rock des années 70.
Les fans y trouveront leur compte dès les premiers accords, quant aux autres, ils ont encore tout leur temps pour se plonger dans le répertoire de ce groupe qui a bouleversé l’histoire du rock. Les légendes ne meurent pas. Long live rock!

Yannick Perrin
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Polydor, sortie le 6 novembre 2006.


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Pour aller plus loin...
- Site officiel
- The Who au Paléo festival 2006

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