CD/Disque
Think of One "Tràfico"
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   Les belges prolifiques de Think of One ont posé leurs valises à Recife au Brésil et se sont frottés aux rythmes entrainants du Nordeste…Résultat déjanté et dynamisant assuré.
Les Think of One, qui tirent leur nom d’un morceau de Thelonious Monk, ont le sens de la fête : avec leur Naftmobyl, un camion-scène assez délirant, les six musiciens font de temps à autre, des concerts improvisés en s’invitant dans les rues des villes belges, histoire d’y saupoudrer un peu de fête et d’ailleurs. Alors, think Of what ? A un monde où les explorations musicales seraient inépuisables, où toutes les routes de la planète seraient arpentables en camion et roulotte, et toutes les collaborations possibles. Pour l’album Trafico, les belges de Think of One ont posé quelques temps leurs valises au Brésil à Recifé, où une fois encore, après la riche expérience de Chuva Em Po, ils ont travaillé avec des vocalistes et des musiciens brésiliens : à la percussion Dona Cila do Côco, et Carranca, à la voix Cris Nolasco and Ganga Barreto. Si pour l’album Trafico, les extensions de la musique de T.O.O se font vers les rythmes de la samba ou du Nordeste brésilien (cocô, maracatu, forro), la base de Trafico est ailleurs, dans l’énergie punk, dans la funk, dans les transes gnawas du Maroc, dans les fanfares balkaniques, dans le flamenco espagnol, et sans doute à Antwerp, dans leur Wallonie natale.
Leurs multiples influences permetttent à Think of One d’être extra-prolifiques : ils ont enregistré sur leur petit label sept albums en cinq ans d’existence, sous des noms différents. En allant chercher du côté du Maroc plusieurs collaborations et trois albums avec des maîtres gnawa sous le nom de Marrakech Emballages Ensemble, du côté des Inuit, et déjà du Brésil, les T.o.o enrichissent leurs oreilles et leurs rythmiques, pour donner ici naissance à la bande originale improbable d’un film d’action belgo-brésilien, là à des morceaux forro-balkaniques, ou à du reggae-franco-portugais…Difficile de trouver des équivalents, on peut simplement dire qu’à bien des égards, la démarche de Trafico rappelle celle de la Mano Negra à la grande époque de la tournée latino-américaine. Où Think of One posera-t-il ses valises dans les prochains mois ?
Eglantine Chabasseur
Crammed France, juin 2006
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