CD/Disque
Thomas Dutronc "Comme un manouche sans guitare"
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   Son premier album bénéficie d’une couverture médiatique hors du commun - la faute à papa-maman. Tant mieux : son flegme mordant, sa voix traînant et ses airs manouches convainquent sans mal. Même s’ils rappellent un peu trop ceux de son père.
| par Aena Léo | le 02/12/2007 | genre: chanson manouche |
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Ils commencent à devenir angoissants, ces « fils de ». L’album à peine reçu, le chroniqueur consciencieux est saisi par une vague de panique : « surtout, je ne dois pas me laisse influencer par ce que je pense de son père, ni par ce que Télérama, Libé ou le TF1 diront de lui, ni par les sarcasmes qui commencent déjà à m’agiter : putain, encore un fils de ».
Pauvre chroniqueur. Partir sans idées reçues sur un «fils de» est aussi difficile que traverser le désert à dos d’âne. Surtout quand tous les médias lui déroulent le tapis rouge. Et qu’on a affaire à un « double fils de », comme Thomas Dutronc, qui passe après maman Hardy et papa Jacques. Pourtant...
Premier bonus pour Thomas : longtemps, il a fui la chanson, territoire de ses parents, pour aller se réfugier vers le jazz manouche, milieu où tout le monde se contrefout royalement de son nom. Fan de Django Reinhardt, il a réussi à se faire accepter par la tribu jazzy, avec qui il fait ses armes dans les bars et petites salles. D’ailleurs, il ne comptait pas chanter sur ce premier album. « Je cherchais encore un chanteur quinze jours avant la fin des enregistrements. Je m’y suis mis parce que je ne trouvais personne ». Hum, vraiment ? Vrai ou pas, on lui pardonne : chanter, il sait, et plutôt bien.
Derrière sa guitare, Dutronc T. alterne blues, rythmes chaloupés et ballades calmes. Il chante parfois l’amour, et déballe souvent un humour flegmatique et efficace. Comment lorsqu’il se révolte contre la dictature des Omégas 3 en hurlant qu’il veut des frites et du couscous bien gras (on crie avec lui et ça fait du bien). Ou quand il se moque des rois du Nasdaq et entonne qu’il n’aime plus Paris (à écouter en période de grèves pour un effet maximal).
Fichtre, comment ne pas le voir : son cynisme mordant –comme sa voix nonchalante- rappellent drôlement son père. Un peu trop ? Peut-on lui en vouloir ? Pour se décider, on attendra son deuxième album. En attendant, on écoute son disque en rentrant du boulot, le dimanche après-midi ou en sirotant un apéro avec de bons amis.
Aena Léo
Comme un manouche sans famille, sortie en novembre 2007 chez ULM/Universal.
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- Le site de Thomas Dutronc |
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