A quoi reconnaît-on l’univers personnel d’un musicien de jazz ? Certainement à l’audace qu’il a à faire des choix. Ces choix qui ouvrent des brèches dans ce qui a déjà été fait, pour ne pas tomber dans le « déjà-vu » ou le « déjà entendu ». Till Bronner bâtit au fil de l’album les parois d’un foyer musical moelleux, doux et calfeutré. Les notes de sa trompette ressemblent à des échos jetés dans un vide sonore lui-même délimité par le jeu retenu de Larry Goldings au piano et David Piltch à la contrebasse. Il en ressort l’impression de pénétrer dans plusieurs atmosphères qui s’encastrent.
Les tempos suivent une cadence piano piano. Madeleine Peyroux et Carla Bruni viennent ponctuer, par des interventions simples et sans fioritures, des thèmes que l’on imagine joués sous le feu d’un lampadaire. Un clair-obscur qui nous invite à la contemplation. A noter le magnifique morceau Pra Dizer Adeus avec la chanteuse Luciana Souza. Le jazz de Till Bronner nous canalise pour mieux partager la saveur d’une musique paisible. Tout à fait reposant.